‹ Jacques Grévin, 1538-1570; étude biographique et littéraireChapitre 109 sur 262 · II, 135, y. 14 sqq · texte numérisé non relu

II, 135, y. 14 sqq

Il faut croire que ces traits paraissaient à Grévin bien propres à dépeindre « ces bavars estrangers ' », car ils se trouvent encore, dans la première partie de la Gélodacrye, en un sonnet que je cite ici comme le commentaire naturel de la boutade de Julien, et aussi comme la preuve que Julien exprime bien les sentiments de l'auteur au sujet de ces Italiens que Grévin, nous le verrons, a fort malmenés :

Pensez qu'il l'ait bon voir de nuict en une porte Un poltron courtisan le Pétrarque chanter, Puis devant les vilains ses faicts d'armes vanter, Comme il a l'ennemi repoussé à main forte,

Luy qui ha son esprit esmeu de telle sorte, S'il oit de l'escarmouche un soldart raconter, Qu'on le peult voir au son des mots s'espouvanter. Et en tremblant jettcr une voix demi-morte.

D'une salade il fait trois ou quatre repas. Puis en curant ses dents il s'en va pas à pas Sur le bort d'un ouvroir deviser de la France :

Il fait dans son cerveau mille et mille discours, Il bastit en un mois ce qu'il rompt en trois jours, Voyla le compagnon auquel on ha fiance*.

Et sire Josse, que va-t-il devenir parmi tous ces personnages ? Sa coquetterie le perdra. Affligé

d'un caterre Qui lui chet dessus la poictrine',

affublé en saison clémente de fourrures sordides, il s'est résolu à adopter une mise moins négligée, et Antoine a reçu la mission de lui rapporter de chez le marchand un vêtement, non pas neuf, mais remis à neuf. Marion et Julien s'emparent de ce vêtement.

On le fait endosser à Tavocat, que Ton conduit, ainsi travesti, à la chambre de sa maîtresse. Et maintenant il faudra bien qu'on les marie! (Voilà les enseignements de vertu que la jeunesse de l'époque trouvait dans les représentations scolaires.) Il était temps : Gérard revient. Marion imagine en vain tous les prétextes pour l'écarter; il entre chez lui.

Ne craignez rien : le déguisement sauve tout. Gérard, entendant du bruit chez sa fille, a regardé

par une fente Qui est à l'huys de la cliambrette*.

Honnête père ! ce qu'il a vu le comble d'aise, ou plutôt ce qu'il a cru voir, c'est-à-dire le tête-à-tête de sa fille et de Josse, dont il a reconnu la souquenille. Et quand le jeune homme s'échappe, Gérard, qui le prend toujours pour Josse, voudrait l'arrêter au passage pour lui faire ses félicitations! Par malencontre, le vrai Josse survient, inquiet de son serviteui* et de sa défroque. Gérard va pouvoir lui dire tout le bien qu'il pense de sa conduite :

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