Il 199, V. 24-25; 200, v. 1-2; t
Celte fois, Julien ne plaisante [)lus. Il existe une manière de faire taire celte sorte de gens :
JULIEN
Sçavez-Yous bien que c'est, mastin, Fanlosme du mont Aventin, Sepulchre h punaise, pendart, Deniourant de tout le cajinard?
Si vous ne me parlez plus doux, Je vous assomeray de coups.
Regardez, je suis Julien, Qui n'entend mot d'italien :
Mais si vous grongnez autre fois, Je vous feray parler François '....
Parler français! voilà ce que demande en grâce la patriotique exaspération de Grévin et de ceux qui pensent comme lui. A la ville comme h la cour, l'italianisme étale ses grâces fardées et ses hâbleries. Faudra-t-il lui abandonner notre poésie et notre langue? Faudra-t-il cesser de travailler à perfectionner l'une et l'autre pour nous convertir au baragouin de ces aventuriers et des spadassins à leurs gages? Comme on comprend un tel souci chez un écrivain jaloux de dénouer notre idiome national et de fonder un art français! C'est Gi^évin, soyons-en persuadés, c'est lui, qui, par la bouche du gentilhomme, lance au delà des tréteaux cette énergique parabase :
Pensez-vous nous rendre estonnez Par une langue decepfive Comme si la nostre captive Ne pou voit respondre d'un mot?
Pensez-vous le François si sot.
Qu'il n'egalle bien en parolle Toute l'apparente frivolle
1. II, 200, V. 21 S(jq. Panthaleone répond par un joli mot : Non, non, masser Jiiliano, Je pensoy que ce fusl vu autre :
Car quant à moy, je suis tout vostre.
De vostre langue effœminee, Qui, comme une espesse fumée, Nous donnant au commencement Un effroyable estonnemcnt, A la parfîn s'esvanouit Avecque le vent qui la suit?
Nostre France est trop abbruvee De vostre feinte controuvee Et deceptivc intention*.
Certes, il fallait quelque hardiesse pour jeter ce cri de colère aux compatriotes et aux flatteurs de Catherine de Médicis. Ni la reine florentine, ni Henri II, ni Charles IX ne firent rien pour défendre l'amour-propre de leurs familiers. Ceux-ci en entendront bien d'autres quand Henri Estienne publiera (en 1578) ses Deux Dialogues du nouveau langage françois italianizé.... De quelques courtisanismes modernes et de quelques smjularitez court isanesques. Il est vrai que, cette fois, le pamphlet viendra de Genève.
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Une clause du traité de Cateau-Cambrésis stipula le mariage de deux princesses de sang royal, la sœur et une des filles de Henri H. La première, Marguerite de France ou de Berry, épousait Emmanuel-Phi lil)ert, duc de Savoie; la seconde, Elisabeth de France, devenait la femme de Philippe II, roi d'Espagne. Plusieurs poètes célébièrent comme à l'envi, ou la double union, ou de préférence l'hymen de cette princesse Marguerite, la l^allas, la Minerve française si vantée par la Pléiade. Chacun de ces j)oètes fit appel aux ressources de son imagination. Ronsard,