‹ Jacques Grévin, 1538-1570; étude biographique et littéraireChapitre 137 sur 262 · Baïf, éd. M.-L., il · texte numérisé non relu

Baïf, éd. M.-L., il

jHH'iiie sur /.rt Vaix\ Laquelle de ces deux œuvres parut la premieM-e? L'inlérèl de la question, on va le voir. Sans chercher à la résoudre, je remarque seulement que Grévin dut composer sa cantate très peu de temps après le traité de Cateau-Camhrésis (5 avril); le privilège de l'imprimeur porte la date du 8 avril. Plus lard, l'auteur inséra le Chant de joie dans ses odes sous ce titre plus simple : Sur la Paix faklelan 1559', avec de légères variantes d'orthographe et un simple changement : deux vers modifiés dans Tode pour louer comme auteurs de la paix Montmorency (qui fut plutôt un des auteurs de la défaite) et « les princes lorrains^ ». Ce trait, ahseiit dans le Chant de joie et emprunté certainement à La Paix de Ronsard*, })rouve-t-il (jue Ronsard n'ait donné La Paix qu'après le Chant de joie'! Au fond, je croirais plutôt le contraire, et que La Paix précéda à la fois le Chant et l'Ode. En tous cas, les deux dithyramhes expriment les mômes idées, parfois dans les mêmes termes : hienfaits de la paix; fin des cruautés^; les amours renaissent; des aubades au lieu du bruit des batailles*; plus d'embuscades, sinon àlachasse\ et le commerce va refleurir ^ Malheur à qui ramènera les maux de la guerre*!

Pour le style, Gi'évin n'a pas l'avantage. Son petit vers de sept syllabes manque de l'ampleur que revêt l'alexandrin de Ronsard. Là où deux vers suffisent à celui-ci, il faut toute une strophe à

i. RoNSAHD, éJ. P. Bl., VI, 216-224. Cf. Le Chant Pastoral de la Pai.i de Hemv Bklleau, qu'il remania en 1Ô72, jioiir rapplifjuer aux trêves conclues entie les catlidliques et les protestants. Voir Hkmy Bkllkau, éd. M. L., 1, 189-195, et les noies. Cf. aussi La Paix venue du Ciel, de G. des Altels.' Paris, 1559.

Page 1