‹ Jacques Grévin, 1538-1570; étude biographique et littéraireChapitre 140 sur 262 · Proème, v · texte numérisé non relu

Proème, v

discours. Cependant le vent redouble ses efforts; les mâts se brisent, les cordages volent en morceaux, le navire se fend. Grévin, dans cette description, imite TArioste (tempête essuyée par Roger et les sept rois captifs*). Comme l'Arioste lui-même imite Ovide (naufrage de Ceyx'), on comprend que certains détails de l'amplification de Grévin se retrouvent à la fois chez le poète ancien et chez le poète moderne; par exemple, le désarroi des nautonniers dont les manœuvres se contrarient. Ovide :

Pars munire latus, pars ventis vêla negare^.

L'Arioste :

Chi s'affatica a sciorre, e chi a legare*.

Grévin :

L'un donnoit pleine voile, et l'autre my-ouverte, Un autre l'abbatoit en prévoyant sa perte".

Mais Grévin a traduit presque mot pour mot tel passage de l'Arioste qui diffère du passage correspondant dans l'épisode d'Ovide. Ovide avait dit :

Ipsa quoque liis agilur vicihus trachinia puppisy Et modo sublimis, veluti de verlice montisy Despicere in valles^ imumque Acheronta videtur ; NunCy ubi demissam curvum circumstetit sequor, Suspicere inferno summum de gurgite cœhnn".

L'Arioste donne à la même idée un tour un peu différent :

Veggon talvolta il mar venir tant' alto, Che par ch'arrivi insin al ciel suporno :

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