Proème, v
jusqu'il la dernière limite des concessions : il prête aux habitants du ciel le souci « de voir partout TÉglise triomphante ». Il est vrai qu'il ne dit pas quelle Église, et Catherine avait donné des ga^^es à tous les partis. Le titre seul do son prétendu travail (associant d'une façon (railleurs assez peu explicative l'Italie et la France, la Signoria et le Louvre) venait déjà d'un hon courtisan. Grévin prodigue la flatterie. Il ne se contente pas d'appeler Catherine « une saincte déesse ». La finesse de la souveraine exigeait un encens moins grossier. Il vante en elle une supériorité intellectuelle que l'histoire ne songera pas à lui dénier :
Vous. . . qui faites menteur Celuy qui dos Grégeois fut le premier autlieur : Car assez vous monstrez que les femmes sçavantes Peuvent non seulement commander aux servantes, Et qu'aux hommes aussi n'appartient seulement Le conseil ad visé et le commandement*.
On dirait qu'il cherche à lui plaire jusque dans son penchant pour les sciences occultes. L'élève de Ruggieri, la prolectrice de Nostradamus, devait goûter ces métaphores astronomiques', ces allusions au présage des comètes^ et à l'influence des constellations sur la destinée des hommes et surtout sur celle des rois :
Pour eux le Ciel se meut, et les astres brillants Transmettent icy bas leurs rayons pétillants. Et des l'heure et le jour qu'ils prennent leur naissance Leur tombe sur le chef la divine influence*....
1. Proème, v. 55-40. Allusion h ce passage d'HoMKKE, Odyss., 1, v. 050-559.
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