Catulle, LXI
Je mei la main à l'arc, je pris à descocher, Et luy qui est un Dieu, pour mieux me despecher, Se transforma en tret, dont j'eu Tame percée*.
Pétrarquisme, humanisme, ces mots résument le ton général et le caractère commun de la poésie erotique de Ronsard à Desportes. J'ai hâte d'indiquer les traits particuliers de la poésie de Grévin, les différences propres par lesquelles il se distingue et se montre comme étant lui-même. Son originalité se manifeste de trois manières :
1" Il a lu l'Arioste et il s'en souvient. Nous savons que dans les Esbahis un personnage récite des stances du Boland furieux^. Dans VOlimpe, une de ces stances fournit au poète la fin d'un sonnet. L'Arioste :
Ingiustissimo Amor, perche si raro Corrispondenti fai nostri disiri?
Onde, perfide, avvien che t'è si caro Il discorde voler che in due cor miri ? Ir non mi lasci al facil guado e chiaro, E nel piîi cieco e maggior fondo tiri.... E chi m'ha in odio vuoi ch' adori e ami.
Grévin :
0 trop injuste Amour! cruel et infidelle. Dont vient qu'ainsi tu fais discorder nos désirs? Pourquoy prens-tu à gré la discorde immortelle?
Dessus mon desplaisir tu dresses tes plaisirs. Tu me laisses languir en mon mal plus extrême, Et constamment aimer celle-là qui ne m'aime"'.
1. 53, V. 9-14. Cf. Ronsard, éd. P. Bl., I, 450, v. 18-20. Anacréon :
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rjaxaXXev, etO' iautiv àçijxev elç péXe|xvov • \iiaoi ai %<xpàiy\i {xeO 'E5uve, xal |x' 2Xv)<iev.
2. H, 148, 198, 199. Ce sont les stances 2 du ch. XHV, et I cl 2 du chant II.