I, 6. V. 1-4. Cf. I, 63, V
A. II, 256, V. 23 et 20.
server la pureté de mœurs et la dignité qui convient à l'état de mariage. On trouve au xvi^ siècle un certain nombre de traductions des ToLi/A'Ax 7:y,^oLyyi'kiLOLzciL\ comme si Tusage s'était établi d'édifier les jeunes épouses sur les obligations de leur nouvelle condition en mettant sous leurs yeux les conseils de la sagesse antique (Ne subsiste-t-il pas un souvenir de cette pratique dans la scène de rEcole des femmes où Arnolphe fait lire à Agnès Les maximes du mariage, ou les devoirs de la femme mariée"!) '. Voilà donc notre amoureux cherchant dans Plutarque un allié pour vaincre les résistances de sa belle. Soit pour l'amour du grec, soit pour toute autre cause, la « mignarde » ne semble pas s'être montrée bien farouche, encore qu'il faille accepter avec l'éserve les effusions du jeune poète relativement aux menues faveurs qu'il aurait obtenues, et dont la confidence, parfois assez indiscrète pour notre goût d'aujourd'hui, vient rompre de temps en temps la monotonie de ses éternelles doléances sur la cruauté de sa maîtresse. Nicole alla-t-elle jusqu'à devenir éprise? Oui, si l'on en croit le poète; mais peut-on croire un poète?
Est-il ainsi maistresse? est-il vray que l'Amour Vous a du mesme tret dont il fait ma blessure Navré jusques au cueur? sa cuisante poincture Et son feu doux-amer vous brusle à vostre tour*?.
D'autre part, nulle hostilité chez la famille, bien au contraire : à l'automne de 1559, on mena Olympe à Clermont. Vous l'avez vue, s'écrie Grévin, ombrages de mon pays :
1. Vnv Jean Lode (Paris, 1555, 1550, 1545), par un anonyme qui l'ajoute à la traduction d'un dialogue italien de Sperone (Lyon, 1540; Pans, 1548); en vers par Jean de La Tapie (Paris, 1559), par Jean de Marconville (Paris, 15G4, 1565, 1570 et 1571), par La Boétie (Paris, 1571). Sans jiarler d'Amyot. La traduction de Grévin, inconnue h Fabricius et à Hoffmann, semble perdue depuis longtemps. J'ai indiqué dans la Bibliographie (n° 5) les auteurs qui en ont parlé.
2. Moi.iKRK, L'École des femmes, 111, "2. l. 1, '2(\, V. 15-18.
.\.M.iw. , «jui hantez les liuniides rivages De la rivière d'Oyse, et qui souventeffois Sur les replis de Hreclio, au son de vostrc voix, Carollez à pleins saulls sous les espez feuillages,
Vous veisles mon Olimpc, et de vos beaux ombrages, Ksieus entre les bras des plus verdoyants bois, Vous lui leistes présent le premier jour du mois Qui donne libéral les vins et les fruictages.
Du moins la veistes vous, et pouvez maiiiloii;ml Juger si c'est en vain que je plains mon lourmant Kl si je suis heureux d'avoir telle Maistresse ' . . . .
Le mariaj^e ne se lit .pas. J'ij^iiure pouiMjiioi on lil <^(''nrralement dans les biographes que Grévin fut rei'nsé. Hien ne défend de penser qu'il ait opéié une letraite volontaii-e. Tout ce que nous savons avec certitude, c'est que chacun des deux jeunes <rens se pourvut ailleurs. Grévin, nous le verrons, était marié (|nand il mourut. A quelle époque prit-il femme? Mystère. Nous le trouvons marié dès 1568, voilà tout. Quant à Nicole Eslienne, elle épousa un médecin dijonnais, appelé Jean Liéhault. M. Renouard, Thistoriogi^aphe de la famille des Estienne, pense que ce mariage se conclut avant l'année 156J. Mais son hypothèse ne repose pas sur des raisons bien décisives'. Jean Liéhault a laissé divers ouvrages de médecine et quelque réputation ''. Il a notamment publié, avec des augmentations, la traduction francjaise que Charles Estienne avait faite de son Prxdhim riislicum. Nicole écrivit aussi. Elle était fort instruite. « C'est, déclare un contem[)orain, une Dame hien accomplie tant en gaillardise d'esprit (jue grâce de bien dire, à ce (]ue j'en ai vu, devisant une fois avec elle »*. Ce qui nous reste d'elle ne dément pds cette opinion. C'est une pièce de vers intitulée : Lca Misères de la Femme
\. I, 50, V. 1-11. Cf. 1, G4, V 7-y. 2. IIknoiaiid, op. fi/., p. 502.