vers
— t>i6 — regrette TAev (for dont il trace le tablonn avoc r()m])laisance :
li';ul\(Hiil lit- Ncmldit au double ses cscrils,
Kncore moins lardoit sa langue babillarde
Pour sur le bien d'autruy mettre sa main pillarde,
Et d'un rusé moyen augmenter son l)on-heur
i\ir le droict desguisé d'un pauvre laboureur.
Le juge droicturier à la face severe
Ne se laissoit domter par quelque humble prière :
Jamais le conseiller fidèle rapporteur
Ne prestoit le procez à un solliciteur.
Qui selon son désir adj ouste quelque chose
Pour arraclier le droict d'une meilleure cause...
Le marchant ne fardoit en rien sa marchandise*.
Mieux avisé, Ovide, dépeignant Fàge d'or, prenait soin de dire qu'il n'y avait pas de juges parce qu'on n'en avait pas besoin : et erant mie judice tiUi. Par l'effet d'une sorte d'antliropomorphisme d'un genre spécial, les poètes modernes ne peuvent pas se figurer un état idéal de la société sans magistrats et sans avocats ; ils les imaginent parfaits, voilà tout :
Les labeurs du commerce honnêtement fleurissent; Pour d'austères devoirs les juges sont de feu ;
Les médecins toujours p^uérissent
Et les avocats parlent peu*.
Pluton cependant prend ombrage de cette tranquillité et de ce bonheur. Il assemble ses sujets : Rhadamanle, Minos, Charon, les Furies et Cerbère. Discours de Pluton. L* « Urague », c'est-àdire le porte-queue (oùpx, àyco), comme l'appelle l'auteur, qui se le représente sous la forme que la croyance populaire prêtait au diable, fait à ces personnages une harangue dont le ton oratoire, le mouvement, le style vigoureux et bien frappé rappelle les meilleurs passages de César, C'est de la bonne rhétorique du