Libre
raires, soit les sollicitudes de l'amour, principalement de l'amour malheureux. Au xvi^ siècle, ce mot, nouvellement accrédité (par Lazare de Baïf, s'il faut en croire Du Bellay)*, n'avait pas cette signification restreinte. Conformément à son étymologie, il désignait tout poème inspiré par un sentiment douloureux, soit à raison de quelque chagrin personnel (par exemple, dans Ronsard, l'Élégie Contre les Bûcherom de la forest de Gastine)\ soit par suite de quelque considération générale. Dans ce dernier cas, l'Élégie relève de ce qu'on peut appeler la poésie oratoire. C'est proprement un discours en vers, une dissertation philosophique, morale ou religieuse. Didactique ou larmoyante, mais surtout larmoyante, on comprend que l'Élégie ainsi entendue,
l'Elégie à la voix gémissante, Aux ris mêlés de pleurs^,
avait sa place indiquée à côté de la Gélodacnje, qu'elle continue et qu'elle complète.
Nous trouvons quatre Élégies à la suite de la première partie de lu Gélodacrye; deux en tête de la seconde partie, après la dédicace à Gérard L'Escuyer. On peut y joindre la courte « Elégie à son Olimpe* », qui pvéœàc les Olimpiem ; je l'ai déjà mentionnée : il n'y a rien de plus à en dire.
Dans la première Élégie% l'auteur s'adresse « à M. Philippe Musnier, évesque de Philadelphe », c'est-à-dire de Philadelphie en Asie Mineure, une des « sept Églises » de la province d'Asie mentionnées en l'Apocalypse (aujourd'hui Alah Chehr). Crévin
1. D«: Rkixav, Drffnire et Illustration..., II, 42; éd. M.-L.. I, G1.
2. Même au xvir siècle on a parfois appelé f^légie un discours <\\v un 'Jiijcl loiirliaiil. Exemple : VElégie aux nymphes de Vaux de La Fontaine.
3. A.NDRK CiiLNiER, Elég. \X\ (éd. Gabriel de Chénier, Paris, KSTl, (. III, ji. hO).