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dello. Les Histoires prodigieuses les plus mémorables qui ayent esté observées depuis la Nativité de Jésus-Christ jusques à notre siècle.., sont un ouvrage différent, qui parut en 1560. Elles se composent de quarante récits, où il est parlé des prodiges opérés par le diable, des fléaux envoyés à la ville de Jérusalem, des enfantements monstrueux, des bêtes étranges de la mer, etc. A chaque histoire, un figure finement gravée (Le chapitre 58, Complaincte notable que feist un homme monstrueux au Sénat de Rome, contre les tyrannies d'un Censeur qui escorchoit le pauvre peuple du rivage du Danube par exactions rigoureuses, tiré par Boaistuau de Y Horloge des Princes d'Antoine Guevara, ouvrage traduit de l'espagnol en 1551 et 1555, a peut-être inspiré directement La Fontaine, en lui fournissant non seulement le sujet, mais les développements de sa fable célèbre*. « Ce vilain, dit Boaistuau d'après Guevara, avoit... les lèvres grosses... le saye de poil de chèvre, la ceinture de joncz marins, la barbe longue et espoisse, les sourcilz qui lui couvroyent les yeux, Testomac et le col couvert de poil comme un ours... w Le discours que La Fontaine prête à son sauvage suit pas à pas celui de Boaistuau). Le volume se termine par une « Ode de Jaques Grévin de Clermont », imprimée également dans l'édition de 15Gi : c'est celle que nous retrouvons dans le Théâtre. Grévin assure à Boaistuau que son nom ne périra pas. Il lui cite l'exemple du « vieil Homère ». Ce dithyrambe immodéré, à coup sûr les écrits de Boaistuau ne le justifiaient pas, malgré l'intérêt que pouvaient présenter pour notre poète-médecin ses observations tératologiques. Mais cet enthousiasme avait sa source dans la communauté de sentiments qui unissait les deux hommes. Dans son Théâtre du Monde^ Boaistuau a découvert sa pensée dans les termes les moins équiv()(jues, par la façon dont il parle de la j)rédestination à roccasion de la misère des gens d'église; et (juand il s'étend, dans une
1. Voir La Fontaine, éd. des Grands Ecrivaiîis. l';ins, I^SÔ-Lsy.'), t. III, p. 15U, et lii, noie tO.
— litiU — de >v> Uisloncs, sui' u Ja ilétestatiun de; ceul\ qui l'uni si bon marclic ilu san^j; liumain », nous savons bien à quels supplices il songe en relatant des exemples de cruauté pris dans ranticjuité, comme nous saurons bien (juels bûchers préoccupent Grévin, <juand il protestera dans Vlmposlnre des Diables contre les autodafés ordonnés pour cause de sorcellerie. Aussi (irévin conscillet-il à Tauleur des Uisloircs de se consoler du malheur des temps par l'espérance de jouis meilleurs où le mérite recevra sa récompense :
Bien qu'une brigade esbontec De badins, de sots, d'ij,^norans.
Se voye plus souvent montée Aux degrez ou sont aspirons Ceux-là qui forgent en la teste De leur avare volonté Les despouilles et la conqueste Que jamais ils n'ont mérité*....
On houve en léte du Théâtre, après l'Elégie de Uunsard, une Ode de damoiselle Marg. D. L., où je relève ce passage :
Car soit (jue plus gravement Tu rendes François Nicandre...
Soit que d'une belle histoire Tu rameines la mémoire....
Cette façon de caractériser le talent de (irévin en visant, parmi ses poésies, celle qu'il a consacrée aux Histoires prodigieuses, peimet de supposer que les lettres D. L. signifient De Launay, et que cette ode a pour auteur la femme ou une lille de Jjoaistuau.
o** Epithalame de M. Jati Rochon, Docteur en Médecine, et de Jane de Brame. Ode*. Ce confrère de Grévin pouvait avoir à peu près son âge. Il prit le titre de docteur peu de temps avant lui.