Reuponsc aux calomnies t p. 11, v
sur lui les disgrâces. Il souiïiit pour sa foi. Quelques vers volontairemcnl obscurs de VOde à Antoine de Talon laisseraient penser que, tout jeune, il fui inquiété, peut-être môme incarcéré, pour son attachement aux idées calvinistes*. En tout cas, il déclare que plutôt que de renoncer à V « amitié chrestienne )^ qui l'unit à Talon, il est prêt à subir « les autres peines futures », et, s'il le faut, « les efforts d'un dur martyre »'.
Braver le martyre, à l'époque où il écrivait, pouvait n'être pas une vaine fanfaronnade. Grévin ne connaîtra pas le bourreau. Mais son existence sera sans cesse traversée, et sera abrégée peutêtre, par les tracas que lui causera son amour pour la théologie de Genève. Il lui fallut bien d'abord dissimuler ses préférences. Pour devenir philidtre, c'est-a-dire pour être admis aux écoles de médecine, le maître es arts devait présenlej* son acte de baptême et prouver ainsi qu'il appartenait à la religion catholique^. Dans le cours de ses études et au jour des examens, il accomplissait plus d'un acte religieux*. Apparemment, ceux qui avaient embrassé les doctrines nouvelles ne se faisaient pas scrupule de se soumettre, pour devenir docteurs, à l'observation de pratiques qu'ils considéraient comme imposées à leur conscience. Plus tard, ils retrouvaient leur liberté d'opinion, dans les limites où la liberté d'opinion s'exerçait alors. Grévin n'attendit pas d'avoir reçu le bonnet pour se déclarer et se compromettre. Tel passage de ses Odes, qui viennent de paraître dans ÏOlimpe, et, encore plus, tel Sonnet de la Gélodacrye, sinon tous, sont déjà suffisamment significatifs. Rien de moins orthodoxe d'ailleurs que son entourage. Je le trouve en relations avec la famille de Rasse Desneux"* (un des huguenots les plus passionnés de son temps, au rapport de Le Laboureur)^ et peut-être