Jbid., p. 5, 2i
5. II, 304 : D'où vient que d'autant plus que l'on s'attache à eux.... «. Haag, op. cit., t. VIII, p. 390.
même en relations avec liasse Desneux lui-même. Il est lié avec Florent Chrestien, son ami intime, son « amy singulier », protestant zélé et fougueux, qui prend sur lui la plus grande influence. A Clermont, il fréquente chez des amis qui sentent le fagot. S'il adresse une pièce de vers à un dignitaire de Téglise catholique, simple effet de relations mondaines. S'il appelle un évêque « docte prélat », et s'il lui parle de « nostre saincte Eglise »', simple formule de politesse et de courtoisie chrétienne. L'oncle de Prong reçoit l'hommage d'une reconnaissance fort sincère, mais ses leçons sont bien oubliées, son influence est bien abolie. L'ambition, l'amour du nouveau et l'amour de la lutte, une grande indépendance de caractère, l'ascendant de condisciples très instruits, religionnaires très actifs, enfin une âme généreuse et la vue des bûchers qui s'allumaient partout, voilà, sans pénétrer le secret des consciences, ce qui pouvait gagner un écolier à la cause évangélique dans les années qui s'écoulent entre l'édit de Chàteaubriant et celui de Blois, à la veille de l'édit de Romorantin.
Mais lorsque survinrent les événements d'Amboise, il n'est pas surprenant qu'un homme comme Jacques Grévin ait craint pour sa sécurité. La situation allait devenir critique pour tout protestant déclaré, et même pour quiconque se déclarerait simplement l'ami des protestants. Avec un prince comme François II, fantôme de roi sans autorité personnelle, le complot avorté ne pouvait avoir d'autre effet que de raffermir l'autorité des Guise. Ceux-ci n'ignoraient plus que leurs adversaires, le cas échéant, ne les ménageraient pas. Ils prouvèrent assez, dès le lendemain du tumulte, qu'ils ne se feraient pas un point d'honneur de ménager leurs adversaires. Pour tout dire, Grévin avait peutêtre quoique raison personnelle de se croire menacé, et voici pourquoi. La rancune des calvinistes vaincus s'exhala dans un libelle communément appelé le Tigre, ou, pour lui donner son titre complet, VEphlre envoiée ati Tigre de la France, tle pam-