‹ Jacques Grévin, 1538-1570; étude biographique et littéraireChapitre 185 sur 262 · V. Mi · texte numérisé non relu

V. Mi

It'-'î M'i> 1 t'I ô liiiiaiil cnsoinblc, le mm'^ 'J limaiil avec le vei's 7) du tercet précédent, selon la formule c, c, d, e. (L c :

Kii ce j)entlanl on voit par la despouille licniif c

Discourir un hrajiard sur la langue ancicrjnc. c

Dont il a desrobé le plus riche butin : d

Tu acheptcs tes maux, et il vend l'apparence; e

Il vit en jjrand plaisir; tu te levés matin d

I*our servir au public, dont il ha recompence*. e

Mais Grévin ne s*est pas contenté de ce second type de sonnet, dont Ronsard fournissait des exemples. Voici une disposition, suivant c, d, c, e, e, d, qui lui appartient bien en propre :

Une pluye de pleurs, la niie de malheur c

A mouillé et casché le voile et le cordage, d

Lesquels furent tissus d'ignorance et d'erreur : c

Mes deux astres jumeaux à moy ne se présentent, e

Et l'art et la raison dans la vague s'absentent, e

Si bien que je ne puis espérer le rivage*. d

On voit le principe de cette construction nouvelle. Elle consiste tout simplement dans une inversion du système précédent : au lieu que ce soit le premier tercet, c'est le second qui reproduit la forme usuelle dans lacjuelle les vers 1 et '2 riment ensemble, et les vers 1 et 5 riment entre eux dans le premier tercet, au lieu que ce soit dans le second. L'inconvénient, qui a dû paraître décisif a Ronsard, c'est que le vers 14 du sonnet se trouve séparé par trois vers (présentaiit deux rimes à eux trois) du vers 10 avec lequel il rime. Même critique pour un sonnet suivant la formule c, d, d, e, c, e :

1. II, 307, V. 25-28. Cf. 225, v. 25-28; 255, v. 25-28; 256, v. 25-28; 258, v. 9- 14; 240, V. 25-28; 510, v. 9-14.

2. II, 225, V. 9-14 {présentent, absentent, pris comme rimes masculines).

Nostre bien, nostre amour, nos désirs amoureux, e

Esgalez aux souspirs d'une fascheuso atlante, d

Viennent pour renforcer l'amitié espérante : d

Vivons donc constamment, ma toute désirée, c

Jamais paire d'amans ne lurent plus heureux, c

Si je suis Theagene et vous ma Cariclee*. e

Le premier tercet offre deux vers à i'ime suivie, comme clans le sonnet classique ; seulement ce sont les vers 2 et 3, au lieu des vers 1 et 2; quant au second tercet, c'est celui que Ronsard emploie à défaut du tercet classique, et le vers 2 de ce second tercet rime avec levers I du premier. Il en résulte que trois vers et deux rimes s'interposent entre les rimes amoureux et heureux. Enfin, dernière innovation de Grévin : deux tercets pareils, les vers 1 et 5 rimant ensemble, les deux vers du milieu rimant ensemble, soit la formule c, d, c, e, d, e :

Le printemps me deplaist, l'esté m'est ennuyeux : c

Le jour je suis pensif, la nuit je ne repose, d

Pensant incessamment aux rayons de vos yeux : c

Et entre ces malheurs dont je suis tormenté, e

J'ay seulement recours aux vers que je compose, d

Qui plaignent avec moy vostre grand cruauté*. e

L'harmonie de pareils vers n'a lien de choquant pour l'oreille. Celte dernière forme de sonnet méritait-elle une fortune qu'elle n'a pas eue? Grévin ne l'a employée qu'une fois, et je ne rapporte du reste ses tentatives métriques que comme une nouvelle preuve de l'activité d'esprit chez un poète a qui rien ne demeurait étranger de ce qui intéressait la poésie.

1). (hies. — En disciple attentif de l'écrivain le plus fécond dans ses inventions rythmicjues, le plus varié dans l'adaplalion ou la création des mèlres dont il a fait usage, Grévin, à l'instar

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