GoLJET, op. cit., t. XIII, p
2. Voir OuviER de Gourcuff, Les derniers Ronsardiens, dans la Revue littéraire et artistique, 5" année (1887), p. 979.
5. Bibliothèque de Beau»ais, Manuscrits, Catalogue analytique de la Galerie historique des hommes honorables du département de VOise, par Victou Tremblay, carton n" 0795, fol. 155.
4. VioLLEi Le Duc, Bibliothèque poétique. Paris, 1845, p. 564.
le fond sans la forme. Il ne faut pas méconnaître le travail incessant de la poésie française pendant cette période de notre histoire littéraire, le progrès continu par lequel notre langue est allée de la forme sonore, mais emphatique el un peu ûpre, de Ronsard, à la forme plus souple et plus adoucie de Malherbe. Dans cette évolution, une école secondaire a complé, qui peut revendiquer sa pari d'influence et d'action : l'école de Desportes. C'est à elle que se rattache directement le poète La Roque. Golletet, dans son Traitté du Sonnet j dit avec grande raison que les sonnets de ce poète clermontois « ne cèdent guère en mérite à ceux de Desportes, quoy que leur réputation n'ait pas esté si grande* ». Rien de plus juste. La Roque apparaît comme le meilleur élève et l'imitateur le plus heureux de Desportes. Un tel éloge peut suffire à sa mémoire : cette poésie se recommande par un ensemble de qualités assez estimables, du trait, de la légèreté, de la couleur, de la pureté, de la correction, de l'esprit, trop d'esprit môme, car, pour venir à la part de critique, le défaut de ce genre réside dans Tafleterie et la préciosité. A retenir, comme exem[)le de mauvais goût, le sonnet où La Roque nous déclare qu'en entendant le cri de « Qui vive! » il se demande quelle réponse il peut faire de bonne foi aux sentinelles, et si c'est vraiment vivre que vivre amoureux à ce point ' !
Mêmes qualités, mêmes défauts dans les MeslaJiges, qui suivent les Amours. Ce sont principalement des pièces de circonstance : ode au Roi, hymne « sur l'embarquement de La Royne», c'est-àdire de Marie de Médicis, et sur son arrivée à Marseille, etc. Parmi les Élégies, au nombre de vingt-deux, qui viennent ensuite, se trouve une pièce qui ne peut nous laisser indifférents, sur « l'origine de la Fontaine du pied du mont' ». Nous savons que Grévin, lui aussi, avait consacré à cette onde clermontoise une