‹ Jacques Grévin, 1538-1570; étude biographique et littéraireChapitre 210 sur 262 · Md., p · texte numérisé non relu

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4. Ronsard, éd. P. Bl., ill, 01-02. Cf. même éd., VH, 15S : J'ay laissé Francus el les Troyens....

5'. I, 59, V. 27-28. Cf. Ro-NSABD, éd. P. Bl., I, 42, v. 4-17.

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bientôt il ne s'agira plus de chercher des simples ou des rimes près du bord moussu des fontaines, au chant des grillons et des faneurs. Après la paix, voyons la guerre.

En lo()5, Ronsard avait publié le Discours des Misères de ce temps, dédié « à la Royne Mère du Roy », sorte de sermon en vers, dans lequel le poète tonnait avec force contre la Réforme. Du moins ses attaques visaient-elles les idées, non les personnes. Elles allaient respirer plus d'acrimonie dans la Continuation du Discours des Misères de ce temps, qui parut aussitôt après. Ronsard prenait à partie Théodore de Rèze. Il le dépeignait se rendant au prêche, vêtu d'un manteau de cavalier et l'épée au flanc. Il montrait les religionnaires toujours couverts du corselet et coiffés du morion. Il leur imputait de répandre une religion de violence et de haine. Il rappelait « ces pistolets qui tirent par derrière », c'est-à-dire le forfait tout récent de Poltrot de Méré. Genève s'émut, et la réponse ne se fit pas attendre. Cette même année 1565, il parut à Lyon et à Orléans un opuscule intitulé : Response aux calomnies contenues au Discours et Suyte du Discours sur les Misères de ce temps, faits par Messire Pierre Ronsard, jadis Poète, et maintenant Prebstre. La première par A. Zamariel : Les deux autres par B. de Mont-Dieu. Oii est aussi contenue la Métamorphose dudit Ronsard en prebstre. Et voilà la guerre civile allumée dans la poésie comme dans l'Elal. Nous allons voir Ronsard soutenir à lui seul et à visage découvert le choc furieux de tout un parti de j)oèles huguenots, cachés sous le masque du pseudonyme. Parmi ces poètes, nous savons, sans pouvoir le distinguer à coup sni', que se trouve Jacques Grévin, c'est-à-dire « l'un des plus chers disciples de Ronsard et son futur héritier, que la passion religieuse allait entraîner à une croisade sacrilège contie son maître' ». Comme il est im|)()ssihle de faire avec certitude la part des coups portés par lui dans la mêlée, force nous est d'exposeï' à grands traits les péripéties de la lutte.

I. (.. Lesiem, La Satire en France au xvi* siècle, I. I, p. 2-47.

Un échantillon (io la poésie de Zamariel donnera une idée du ton qu'atteignait parfois cette polémique :

La couronne il n'a plus, marque d'un grand i^oëte,

Mais la couronne il a, marque de la grand beste.

La couronne il n'a plus, pour chanter doucement,

Mais la couronne il a pour liraire horriblement.

La couronne il n'a plus, dont meilleur il puisse eslre.

Mais la couronne il a d'un fauls et meschant prebslre....

Voyla comment Ronsard soufTre sa peine deuë.

Et qui à son orgueil justement est rendue,

Dont estant transmué en estrange animal,

Contempteur de vertu, ne prise que le mal,

Et sentant les efîects de sa métamorphose,

A l'ombre d'un clocher il se veaulre et repose,

Et tordant son museau, puis deçà, puis delà,

11 ronge e meilleur du crossillon qu'il ha....

A la différence de cette Re^ponse aux calonDiies de Zamariel, qui rappelle un peu la Refiponse aux calomnies lancée par Grévin contre Charpentier, les deux Responsea signées B. de Mont-Dieu ne se départent pas, malgré leur âpreté, d'une gravité austère et comme biblique, et il convient de leur reconnaître un mérite littéraire d'un haut degré. (Voir, par exemple, à la fin de la première, la prière pour la conversion des persécuteurs de la religion évangélique).

Je passe sur deux pièces de vers extrêmement rares, publiées, sans nom d'auteur, sous ce titre : Palinodies de Pierre de Ronsardj gentilliomme Vandômoys, sur ses discours des misères de ce temps. Nouvellement imprimé, s. 1., 1565, parodie calviniste du Discours des Misères de ce temps, travesti vers par vers en un poème protestant. C'est encore dans cette année 15(35 que vit le jour un volume de vers portant ce titre : Seconde Response de F, de La Raronie à Messire Pierre de Ronsard. Prestre-Gentilhomme Vandomois, evesque futur. Plus le Temple de Ronsard, oil la Légende de sa vie est hriefvement descrite. Remarquer le titre :

Seconde Responsej non pas parce qu*elle venait après la précédente, mais parce qu'il y eut une première Respome, aujourd'hui perdue, de La Baronie, A messire Pierre de Ronsard, prêtre, gentilhomme vendomois et pape futur. De cette première Response, mention et extraits se trouvaient dans la notice manuscrite, également perdue, de Colletet sur Florent Chrestien, et M. Lenient en avait pris connaissance*. C'est évidemment à cette première Respome que Colletet se référait en disant, dans la vie de Grévin : « Dans les satyres faites contre Ronsard et imprimées à Orléans sous le nom de François de La Baronnie, il y est aussi parlé de Grévin comme d'un homme de grande réputation ». La Seconde Response est in-4^ Il en existe une autre édition in-8° de 1564. L'édition de 1563 porte, au-dessous du titre, une curieuse vignette représentant Ronsard, affublé d'un bonnet et d'une vaste robe; il est assis dans un grand fauteuil à bras; ses mains, que cache sa longue barbe, s'appuient sur un bâton ; il regarde mélancoliquement flamber le feu d'une haute cheminée, dans une chambre qui n'a pour meubles que deux coffres, et qui prend jour par une petite fenêtre à meneaux ^

Comme le titre l'indique, il s'agit de deux poèmes différents. La Response, très longue, réunit une diatribe contre Ronsard et un hymne en faveur de la religion réformée. A Ronsard, on reproche ses bénéfices et sa prêtrise, pourchanger\On lui reproche aussi ses mœurs et ses nombreuses amours, et jusqu'à certains « accidents » ou certaines incommodités physiques, dont on parlait sans embarras dans le siècle de Fracastor, et qu'on déclare trouver peu conciliables avec son caractère sacerdotal. En même temps, éloge pénétré du calvinisme et de tous ceux dont il a armé le courage ou même le bras :

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