Ihid., \\2, V. 14. Cf. 127), v. 11 ; 128, v
maintenant Prestre, à ce qui luy avoit esté respondu sur les calomnies de ses Discours touchant les Misères de ce temps. Par Z). M. Lescaldin (15G5)^ M. Reacl ne se chargé pas d'éclaircir le mystère de ce nouveau pseudonyme et se contente d'analyser la Réplique, (jui suit pas à pas la ResponsCy comme la Response suivait pas à pas le Temple. Ajoutons que, pour ne rien omettre, il faudrait mentionner aussi quantité de compositions satiriques, soit en vers français, soit en latin macaronique, qui fondirent sur Ronsard pendant ces années 1565-1564, et qui sont demeurées manuscrites, notamment une certaine Prosa magistri nostri Nicolai Mallarii Gomorrhxi Sorhonici « pour estre chantée sur le ton de la prose de TÉpiphanie ou sur celui de la prose du jour de la Pentecoste », laquelle fît quelque tapage*.
Zamariel, Mont-Dieu, La Baronie, Lescaldin, quels auteurs désignent ces pseudonymes, et est-il quelqu'un de ces pseudonymes qui désigne Grévin? La difficulté de la question apparaît bien par la division qui règne entre les critiques et les commentateurs. Il semble que par A. Zamariel on ne doive pas hésiter à entendre Antoine de La Roche-Chandieu, qui publia sous ce nom de guerre son Histoire des persécutions et martyrs de l'Église de Paris... (Zamariel, en hébreu, signifie Chant de Dieuy. Et pourtant, Ronsard, chose curieuse I dans Zamariel paraît avoir reconnu Grévin. En tête de la Response aux Prédicants, on lit un quatrain intitulé : Des divers effects de quatre humeurs qui sont en frère Zamariel\ Or Grévin, par un souvenir de la doctrine humorale, chère à Ilippocrate, a parlé des « quatre humeurs » dans ses poésies :
1. Ch. Rkad, Une Réplique a Ronsard..., dans le Ruilelin historique et lillérnirc de la Sociélr de ihisfoire du Protestantisme français, t. WXVIII (1889), p. I.'O, \U.
2. Voir celte pièce dans le Recueil de Maurepas, Bibliolliètjuc nationale, manuscrits, fonds français, n" 12()IG, p. 150-141. Cf. dans le Recueil de Russe Desneux, Bibliothèque nationale, manuscrits, fonds français, n" 22560, p. 6, 53, 56, 57, 155; «t n" 22565, I'" parlic, p. 101-152.
5. Cil. Rf.afi. Ruilelin historique..., t. \X\VIl,p.579; Haag, op. cit., v" Chandieu. 4. RojisARD, éd. I'. RI., VII, 87.
Ainsi en quatre humeurs quatre mallieurs j'essaye'... Des quatre humeurs il sort une eslincelle'....
Ne se cacherait-il pas, sous le quatrain de Ronsard, une raillerie h l'adresse de notre auteur ol de son érudition médicopoétique? Dans La Raronie, on s'accorde généralement à voir Florent Chrestien. Mais pour Mont-Dieu, obscurité complète. D'après Dinet et La Monnoye, ce nom désignerait un certain Monlmeïa (m, en hébreu, signifiant Dieu)% personnage inconnu, nommé seulement dans la Ribliothèque de Du Yerdier*, et auquel M. Dlanchemain pencherait à imputer, je ne sais sur quel fondement, la paternité de la llépliqrie signée Lescaldin^ Selon Rayle, ce nom de Mont-Dieu constituerait un autre pseudonyme de Chandieu*; selon Raillet, un autre pseudonyme de Florent Chrestien'; selon Rrunet, un pseudonyme de Gré^in^ Et ce Temple anonyme, à qui faut-il l'attribuer? Pour Goujet, à une collaboration de Grévin, de Florent Chrestien, de la Roche-Chandieu et d'autres encore. Pour M. Rlanchemain, à Grévin tout seul', ce qui est possible. Pour MM. Lenient et Read, à une collaboration de Grévin uni à Florent Chrestien, ce qui paraît plus vraisemblable. En résumé, on peut admettre comme certain que Chandieu se cache sous le nom de Zamariel et Chrestien sous celui de La Raronie. Quant à Grévin, je pense qu'il ne fit à lui seul aucun des poèmes en question, mais qu'il collabora plus ou moins à l'un ou à l'autre, principalement au Temple, et peut-être à tous.
S'il fallait en croire Grévin lui-même, il n'aurait joué aucun rôle en toute cette affaire. Dans h Bei^poi^ne aux calomnirs dr
7). Cii. ItEAD, loc. cit., p. 580.
A. Du Vkkdier, V" fi. de Montmein.
:>. HoNSAKD, éd. I». Bl., VIII, 0t>-9r..