Ibid.. p. 44 et 4fi
<jih'l<}ui's tiait> ((iiiNtiitiiuiiH'ls, s'appliijin' l»i<'M à r/'pousc du médecin Lii'-haulf.
Il nous reste à donner le texte des sonnets que M. Léon Dorez appelle très justement : Sonnets iV Anglelcrre et de Flandre.
Je vivoys sans cnniiy et })lain de liberté Entre ceulx que la France aime, chérit et prise, Quant leur langue faconde et docte et bien aprise Parloit de la vertu et de l'honnesteté.
Maintenant que je suis à Londres arresté. Pour tromper les ennuys dont mon ame est surprise. Ores dans ung basteau je rame la Tamise Et voy de mains pallais l'excellante beauté;
Je voy ore ung toreau, ore ung ours (jui se dresse Contre l'assault mordant des dogues plains d'adresse, Je les voy conbaltant leurs forces emploiera.
Mais l'onde qui est sourde et la pierre muette, Les bestes sans raison ne me font qu'ennuyer Depuis qu'il me souvient de ceulx que je regrette.
Anne, je le confesse et ne le puis nier, Et bien que je voulusse en après m'en desdire, Sy est-ce qu'aisément chaiscun le pourroit lire Au langoureulx discours de mon humble prier;
Je confesse qu'Amour sceut sy bien employer Vos regards au besoing, et sy bien les conduire, Pour me fraper au cueur et mon ame séduire, (Ju'ores je ne me puis guérir ou deslier.
1. I, iO, V, 15-28. Cf. H, 228, v. 0 : II verra deux sourcils en croissant révoltez,...
2. Les combats d'oars ou de taureaux contre des chiens se donnaient dans un Heu situé le long de la Tamise, sur la j)aroiss(' de Soulliwark, appelé le Jardin de Paris, C'était le rendez-vous de la populace. Voir Suakespeaue, trad. François-Victor Hugo. Paris, 1859-1866, t. XIII, p. 426 et 472.
Je pense toutesfoys, alors que je vous baise A l'entour doulcement la pointure et la braise, Qui me point et consume et me remplit de deuil :
Vostre bouche rentame et trompe ma blessure', Tellement qu'il me fault au tourment que j'endure Acuser vostre bouche aussy bien que vostre œil.
Tu fus laict, BridoueP, aultreslbis pour acquerrt La bonne vollonté, la grâce, la faveur Et le cœur amoureulx de ce brave empereur, Qui fut en son vivant des plus grands de la terre;
Et ores que tu sois faict de bri(|uc et de pierre, Sy est-ce qu'on t'estime aujourdlmy la terreur, La redoutable mort et l'enfer plain d'horreur. Qui sert d'espouventail aux dames d'Angleterre.
De par moy toutesfoys tu ne seras nommé Que le saint i)urgatoire oîi leur corps enferme Purge les doux mesfaitz qu'il commit en cachette,
Et oiî en peu de temps se sentant desvetu De touttc crainte et honte, il aquiert la vertu De vivre au paradis où l'on court l'esguillette.
0 paisible relus et rigueur abondante En douce et cliasle amour jointe à la piété ; Desdaing brave et acord, par qui fut arrestc Mon voulloir inportun et plein de flamme ardante;