‹ Jacques Grévin, 1538-1570; étude biographique et littéraireChapitre 33 sur 262 · Max Rooses, Christophe Plantin..., p · texte numérisé non relu

Max Rooses, Christophe Plantin..., p

remploi des outils de la typographie et nous apprend comment on pratiquait cet art au x\f siècle.

Mais quelle diiïerence au point de vue du style avec les Dialogues que la plume de Grévin a écrits ! On reconnaîtrait ceux-ci h leur saveur gauloise. Rien de moins flamand, à coup sûr, rien de plus vraiment français, que ces dialogues français-Flamands. La langue est vive, imagée, familière, pleine de saillies, de dictons, de brocards, de proverbes. C'est le parler de rilc-de- France. Par instants, c'est presque du picard. Si les écoliers veulent dormir, ils « s'acagnardent » dans leur lit*. S'ils veulent manger, ils risquent de « se brusler le gavion' «. Nous pouvons dire à l'auteur ce que dit un de ses personnages : « Tu sentiras tousjours ton terroir S).

Divers ouvrages de Grévin parurent pendant son séjour à Anvers : la traduction poétique des Emblèmes de Sambucus, celle des Emblèmes d'Adrien le Jeune, celle des Œuvres de Nicandre, impressions commencées ou projetées depuis un certain temps déjà, et qui attendaient leur achèvement*. Grévin dédie les Emblèmes d'Adrien le Jeune à « Monsieur de La Forest, ambassadeur en Angleterre pour la Majesté du Roy de France ». Le personnage est inconnu, mais, cette fois encore, cet usage des dédicaces, cher aux écrivains du xvi^ siècle, aura pour effet de nous renseigner; celle-ci contient deux particularités intéressantes : une allusion, la seule que Grévin ait faite, à son séjour en Angleterre, et une indication précise relativement à l'époque de son séjour à Anvers. Elle est datée : « D'Anvers, ce XX d'octobre 1567 ».

Après ces ouvrages poétiques, Plantin imprima le Traité des

\. Dialogues français, p. 20.

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