‹ Jacques Grévin, 1538-1570; étude biographique et littéraireChapitre 35 sur 262 · SCENE I · texte numérisé non relu

SCENE I

RICHARD

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Apjjortcs'tu de ma Cruelle^

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Ainjîpdoureujc en fcs amours^ Richard.

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Richard. O

Vray ment une telle bcautc A bien un amant mérité:

Une page «le l'exemplaire d'Anvers (Fac-siinilc de l'écrilurc de Grëvin).

de Clermont en Beauvaisis : il inaugure à la fois Tannée et ses fondions. Grévin n*est pas là. Un des assistants, nommé Rousselet, prend la parole en son nom et présente pour lui une requête à rassemblée. On doit à Jacques Grévin des droits, jura, c'est-à-dire une somme d'argent, sans doute à raison des leçons ou lectures faites par lui aux étudiants (ce qui indique, pour le dire en passant, que son activité se répandait même dans renseignement professionnel). Comme il se trouve absent, ne pourrait-on pas payer ces droits à sa femme? (Ainsi, il est marié à cette' époque.)

Solliciter une faveur sous le décanat de Charpentier, cela, de la part de Grévin, tenait de la témérité. Le doyen refusa. c< Chacun fut de l'avis de Monsieur le Doyen. » On fit plus : quelqu'un proposa une mesure qui, dans la généralité de ses termes, ne visait que Grévin, ou le visait surtout, et cette mesure fut adoptée. Je cite le texte des Comment air es, tel qu'il a été rédigé par Charpentier lui-même ou sous sa dictée : « Eadem die, d. Rousselel proJa[cobo] Grevmo absente postulavit, ut jura omnia uxori persolverentur; sed, quwn hic abesse vider etur, quod a vetere religione catholica et romana, ad cujus professionem umnes Uegis edicto et Academix decretis tum invitahaniur, animo abhorreret, hoc illi denegatum est, nisi prius is, cujus nomine hoc poslulabatur, conceptis verbis juraret in eam fidei catholicx et romanx formulam, quam universa Academia a theologorum ardine acceperat nobisque prxscripserat. Cum vero d. Le Conte pro suo in eamdem religionem animo adjecisset xquum videri, ut idem statuer etur de lis doctoribus medicis, qui prxsentes in urbe nondum eraut professi, placuit hos ad id vocari; quod si récusavent, omnibus nostri ordinis fructibus privari : imo doctorum, quos régentes vocant^ albo expungi\ » Le refus est bref : hoc illi denegatum est. Mais de quel dédain Charpentier enveloppe ce lefus! Est-ce que celui pour qui Ton fait cette demande (il ne

1. < .oiiunriniui I .s mss. ilr lit fiuidli- de mnlcrim', I. Vil, loi. 172.

veut même j)as prononcer le nom de Grévin) ne se trouve pas absent pour cause d'hérésie? Qu'il fasse d'abord profession de catholique romain; on verra après. Et quand un partisan du doyen propose d'exiger le serment religieux de tous les docteurs présents à Paris, pour arriver ainsi à une revision du tableau des docteurs régents, avec quelle perfidie Charpentier va accueillir une motion (jui lui permettra de consommer sa vengeance particulière en la colorant des apparences d'un zèle respectable pour les intérêts généraux! Cependant on dresse, comme tous les ans à pareille époque, une liste des docteurs régents de la Faculté. Bien entendu, Crévin y figure encore. Mais c'est la dernière fois. J)ans le compte-rendu de la séance qui se tient l'an d'après, le 10 novembre 1569, une brève mention nous apprend que l'épuration a eu lieu : « ... Qua die pro more recitata sunt nomina eorum qui pro doctoribus regentibus'liaberentur, ex decreto Facultatis expunctis omnibm qui religionem catholicam, apoatolicam et rorïianam noluerant profiteri, eoque nomine ab urbe aberard^ ». Puis on rédige la liste des docteurs. On y chercherait en vain le nom de Grévin. L'exécution est accomplie. Char})entier est satisfait. Les preuves d'orthodoxie exigées par lui continueront à l'être par ses successeurs avec une rigueur qui gênera parfois la Faculté elle-même*. Au siècle suivant, les instances du roi Louis XIII en personne ne pourront la décider à ouvrir ses portes à un protestant ^.

Cette sorte de capitis deminutio n'empêchait pas un médecin d'exercer sa profession, pour laquelle le doctorat n'était pas exigé. Aussi Grévin, quand il donnera les Portraicts anatomiques (1569), les signera-t-il « Jacques Grévin, de Clermont en Beauvoisis, médecin à Paris ». Encore faut-il remarquer que le livre paraît sans dédicace, sans liminaires, comme honteux. C'est qu'une telle exclusion avait une portée morale.

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