‹ Jacques Grévin, 1538-1570; étude biographique et littéraireChapitre 36 sur 262 · CoRLiEu, op. cit. y p · texte numérisé non relu

CoRLiEu, op. cit. y p

7). M. Raynald, Les Médecins au temps de Molière. I*aiis, 18G5, p. ^22.

— C9 — Elle atteignait Grévin dans sa considération, et le frappait d'autant plus durement qu'elle était injuste et qu'il n'avait pas manqué à Thonneur. Nul doute qu'il n'en ait ressenti un vif chagrin. Sa personne, en tout cas, restait hors des entreprises de ses ennemis. Il avait quitté la France sans;esprit de retour. Il était attaché à une princesse dont il avait célébré les mérites et chanté le mariage : la princesse Marguerite de France, épouse de Philibert-Emmanuel, duc de Savoie.

Impossible de savoir exactement l'époque de son arrivée à Turin. Le 20 octobre 1567, il demeure encore à Anvers (dédicace des Emblèmes d'Adrien le Jeune). Peu après, il en est parti; la dernière page des Veniîis porte cette mention : «De l'imprimerie de Cristofle Plantin, à Anvers, 1567, au mois d'octobre ». Disons fm octobre, pour tout concilier. Dans un avertissement au lecteur, Plantin, pour s'excuser des fautes typographiques, invoque « l'absence de l'autheur, lequel n'a j)cu voir les corrections ».

Français, poète et proscrit, Jacques Grévin avait tous les droits à la prot(»ction d'une fille de François P', instruite et bonne. Cette princesse ne démentit pas les dithyrambes de la Pléiade. Amie des lettres comme les deux autres Marguerite, sa tante et sa nièce, elle a sur elles la supériorité de ses vertus. Catholique (officiellement du moins), elle se montra secourablc aux protestants. Elh; ne demandait pas aux hommes de mérite s'ils étaient protestants ou catholiques. Quand elle appela Cujas à Turin, elle fit envoyer à Bourges, pour le remplacer, Fran- <"i- llotman. Elle avait réclamé pour Ronsard un bénéli( (' ' ; (Ile accueillit Grévin, ennemi de Ronsard. « Cette

Page 1