‹ Jacques Grévin, 1538-1570; étude biographique et littéraireChapitre 40 sur 262 · Sonn. sur Rome, VI, v. t · texte numérisé non relu

Sonn. sur Rome, VI, v. t

7j. Ibid., WIII, V. 5-8.

A. Ihid., XV, V. 13-14.

h. Ibid., X, v. 8.

nisrae. Ce n'est pas à la duchesse de Savoie qu'il aurait fallu les dédier, c'est à Florent Ghresticn. Grévin dit très bien :

Je ne veux imiter les fureurs de Pétrarque • ;

la véhémence de ses sentiments se fait jour dès qu'il parle de celui qu'il appelle « un vieil LaocoOn », c'est-à-dire du pape. Reine d'Egypte, s'écrie-t-il, ô Cléopatre, tu es vengée aujourd'hui que le temps

te fait voir les Romains Reduicts piteusement sous le pouvoir d'un moine*.

Celle fois, voilà la vérilable pensée de Grévin sur Rome. Ce qu'il y trouve surtout de choquant, c'est la papauté. Le Vatican lui gale le Capitole. 11 en oublie le Forum, et, du même coup, les Catacombes.

Grévin ne devait pas jouir longtemps du repos que lui procurait la protection de Marguerite. 11 paraît avoir eu une jeunesse maladive. En courtisant Olympe, il ne manquait pas de gémir de mille maux, imitant en cela les poètes de son temps; mais on sent je ne sais quel accent de sincérité dans ses plaintes, soit qu'il dépeigne

le teint palissant De sou corps demi-mort que l'amc va laissant"',

I. Sonii. sur Rome, I, v. 1. Voir les Sonnets de Pétrarque qui commencent par ces mots : DeW cmpia linbilonia, ond' h fuggita ; — Fiamma dcl ciel su le tue treccie piova : — Vavara Babilonia hacolmo' I sacco; — Foutana di dolore,albergo d'ira.

'2. Ibid., XVIII, V. \7)-\\. Pic II (H.iil dominicain lorsqn'il se vit éli^vcr à la papauté on 1566. Ce passage viendrait à l'appui de ce qui a él«'; dit plus haut sur la date à laqui'Uc Grévin écrivit les Sonnets sur Home.

r>. Il, ^252, v. 20-21.

soit qu'il s'écrie :

Je ii'ay point vcii les jours île l'an vingt et deuxicFue, Et si je suis desja en mon mal plus extrême, Desseiché en ma chair, en mes nerfs et mes os, Je ne sens plus d'humeur aux veines et artères*....

De santé débile, sujet à la fièvre', épuisé par les fatigues d'une vie nomade, il avait de plus commis de véritables excès de travail, étudiant et écrivant sans trêve, et, comme il dit lui-môme, « par les chemins n"^. Il mourut à Turin le 5 novembre 1570*, âgé de trente-deux ans. S'il eût vécu deux ans de plus, il eût vu les massacres de la Saint-Barthélémy. S'il eût vécu assez pour atteindre la vieillesse, il eût vu la conversion de Florent Chrestien au catholicisme.

La duchesse se montra inconsolable. Cet homme qui se fit des ennemis implacables était adoré de ses amis. De Thou l'appelle c( homo tôt ingenii dotibm imtructm et amœnitate ingenii cunctos in sui amorem rapiem » ^ Marguerite disait qu'elle avait perdu en même temps son médecin pour les maladies du corps et son consolateur pour les inquiétudes de l'esprit ^ Rare éloge, surtout si l'on songe à l'âge de celui qui le méritait. « Elle le soupira, dit Colletet, et crut avoir perdu en lui ce qu'après le prince et sa famille elle avoit de [)lus cher au monde; et dans ce noble ressentiment, elle prit soin de le faire enterrer avec honneur, voire mesme avec pompe et avec magnificence, et quant à la veufve du défunt et à sa fille unique, à laquelle elle avait donné sur les sacrés fonts du baptême le nom de Marguerite-Emmanuelle, elle les retint toujours auprès de sa personne autant qu'elle

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