‹ Jacques Grévin, 1538-1570; étude biographique et littéraireChapitre 57 sur 262 · Nicandre, p. 5, v · texte numérisé non relu

Nicandre, p. 5, v

jetle un regard sur ses poètes, réunis « en un prochain bocage ». Auprès d'eux, à l'écart, elJe distingue Grévin et l'interpelle :

Lors elle m'aperceut hors la trouppe seduitte, Marchant par les sentiers du mocqueur Ahderite, D'Hippocrate et Galen, et m'appelant de loing : Grévin, ce me dit-elle, est-ce donc la le soing Que tu disois avoir de la muse de France, Veu que m'ayant quité tu cerches l'alliance D'une dame nouvelle, encor que paravant, Jurant de demourer mon fidelle servant.

Tu eusses à mes pieds chanté Tardante flame. Qui te faisoit aimer une gentille dame. Et puis après changeant de ton et d'instrument, Tu eusses devant moy chanté tragicquement Les malheurs de César, et d'une voix comique Montré des citadins l'amoureuse trafique*?

La réponse de Grévin fait bien voir à quel point ses idées avaient pris un nouveau cours depuis le temps de ses succès poétiques. L'amour de la poésie a quitté son cœur avec l'amour d'Olympe. Il ne dit pas comme le poète de notre siècle : « OMuse, sœur insatiable'!... » Il dit : « Muse, jouet des foux.... » Il s'excuse de ses compositions amoureuses : il était « mal caut et sage ». Les vers lui servaient de distraction et de passe-temps. Grévin n'est plus poète, il n'est plus que médecin.

Cependant la Muse s'aperçoit qu'il tient précisément en main l'ouvrage de Jean de Gorris. Elle l'adjure d'en donner une traduction, œuvre sérieuse et utile. Grévin, cédant à ses instances, prend l'engagement qu'elle réclame et place son travail sous Taulorité et la protection de Jean de Gorris. Tout à l'heure, il sera heureux, son œuvre achevée, de se rappeler à l 'affection de de son docte confrère :

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