A. DB Musset, La nuit de mai
Et loy, mon de Gorris, qui dans celte écriture As peu veoir des Serpens la diverse nature, Et le moyen aussi (jue Dieu par sa bonté, Pour nous sauver de mort, nous y a présenté : Recoy en amitié, et aye souvenance De Grevin qui a pris en Clermont sa naissance*.
Je n'ai pas à présenter une analyse des Thériaques et àe^Alexipharmaques de Nicandre. Conseils aux laboureurs pour leur apprendre à se préserver des atteintes des serpents, description des diverses espèces d'ophidiens venimeux, formule des topiques ou des élccluaires qui peuvent en guérir les morsures, revue des différentes sortes d'araignées et de scorpions, traitement des blessures extérieures, tous ces sujets dont se compose le premier ouvrage n'ont rien de bien poétique par eux-mêmes, et Ton conçoit que la traduction de Grévin' ne puisse que se ressentir de leur aridité. Elle révèle néanmoins une main experte, en môme temps qu'on y retrouve la trace de rinflucnce ronsardienne. Je prends comme exemple ce- passage de la description des serpents :
On en voit quelques uns par le corps se charger D'une coulleur semblable aux limaçons de terre. Dans une écaille verte un autre se renserre : Ainsi diversement riolant piolant Sa longue entortillure : un autre se mêlant Au milieu de l'arène et se vautrant au sible S'en va tout blancbissant la rondeur de son rable'.
i. Nicandre, p. 59, v. 17-22.