‹ Jacques Grévin, 1538-1570; étude biographique et littéraireChapitre 84 sur 262 · H, 34, V. Il-li · texte numérisé non relu

H, 34, V. Il-li

'2. II, 50, V. 3-i; V. VJ-'I'I.

iO

— i/*6 — A ct'lU' liaraiigiu' tlcclamatoire, comme aux paroles enflammées que proiionceiil ensuite Cassius et I). Binlus, je remarque que le peuple reste muet, et ce silence est bien dans la vérité historique. Marc-Antoine prend la parole à son lour. Il exhale à la fois sa douleur, son indignation, sa soif de vengeance. S*adressanl aux soldats, il leur montre la toge du dictateur déchirée et sanglante. Celle fois, les vétérans, qui représentent le peuple, font entendre des cris de haine. Comme le consul vient de prononcer le nom de «c l'homicide Brute », ils Finterrompent : <c Armons-nous sur ce traistre ». Habile péripétie qui prolonge l'intérêt du drame au delà du drame lui-même, en nous laissant entrevoir ce que [)roduira dans Tavenir le conflit du principe monarchique et du principe populaire. La pièce ne se termine pas par un chœur : on ne peut donner ce nom aux quelques mois que prononce un des soldats pour constater que leurs pressentiments se sont réalisés. Observons aussi que dans ce dernier acte les soldats s'expriment, non en vers de huit syllabes, ainsi que dans les autres actes, mais en alexandrins, comme si l'auteur avait voulu marquer par là qu'il leur attribue un rôle actif dans le dénouement.

Après ce parallèle des deux pièces, je ne saurais souscrire celte opinion de M. Faguet ; « La vérité est que Jacques Grévin n'a pris à Muret que sa composition, qu'à vrai dire il suit pas à pas' ». On pourrait [)resque soutenir le contraire; Grévin a emprunté à Muret la plupart des développements de celui-ci, et rien qu eux. Un écrivain allemand a consacré une étude très consciencieuse aux rapports qui existent entre la tragédie de Grévin et les tragédies de Muret, de Shakespeare et de Voltaire^ (compa-

Page 1