‹ Jacques Grévin, 1538-1570; étude biographique et littéraireChapitre 83 sur 262 · Il, 50, V. î)-G · texte numérisé non relu

Il, 50, V. î)-G

avec lui. Caipurnie n'a plus d'espoir que dans la protection des dieux et sort pour sacrifier. Les césariens dissertent à nouveau sui* l'inconstance de la fortune : ils redoutent pour César quelque malheur et déplorent qu'il n'ait pas suivi le conseil de Caipurnie.

Acte IV. — César a vécu. Mais nous n'apprenons pas sa mort, comme dans la pièce précédente, par le cri farouche de Brutus : Spirale, cives! Un messager, personnage ajouté par Grévin, vient faire à Caipurnie le récit dec événements. Aux premiers mots, Caipurnie a compris : « lié! nourrice, il est mort.... » Le messager lui-même domine difficilement son émotion :

Hé ! faut-il que je sois d'un malheur tant estrange Le ra[)porteur? Je sen une voix qui se change Trembloyanle en ma bouche, ainsi qu'on voit souvent Les roseaux se ployer sous le souspir du vent'.

Son récit achevé, non sans qu'il ait dépeint avec énergie l'attitude des conjurés, « la dague dans la main, la fureur dans les yeux », Caipurnie laisse éclater sa douleur et ses imprécations. Le messager maudit les meurtriers à son tour. Les vétérans échangent des considérations sur la destinée des grands et sur les avantages de la condition du soldat, indifférent aux changements qui surviennent dans la forme du gouvernement.

Acte V. — Les conjurés n'ont agi que dans l'intérêt général et pour le bien du peuple. Il leur reste à faire approuver leur conduite par le peuple (au fond, le sujet du drame n'est-il pas la lutte de l'idée monarchique et de l'idée républicaine?) Discours de Hrutus :

Le Tyran est tué, la liberté remise, Kt Home a regaigné la première franchise . . Ilespire donc à l'aise, ô liberté Romaine, Respire librement sans la crainctc inhumaine D'un Tyran convoileux. Voyla, voyia la main Dont ore est affranchi tout le peuple Romain*.

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