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amours de Jupiter et de Léda. Grévin a compris que pour un théâtre nouveau, il fallait une langue nouvelle, et il s'emploiera à façonner celle-ci pour le plus grand bien de celui-là. Du reste, le souci de la vérité dans l'art ne va pas sans quelque difficulté, surtout pour celui qui le premier a osé s'engager sans guide dans cette voie inexplorée : « Ami Lecteur... si tu trouves quelque chose qui ne soit à ton goust, souvienne-toy que ce n'est chose estrange, si ceux qui vont les premiers en un désert et pays incogneu se fourvoyent souventes fois de leur chemin )>. Rappelons-nous dès maintenant que la prétention de Grévin à créer une forme nouvelle de littérature dramatique est aussi nette pour la comédie que pour la tragédie.
De là ces deux Avant-jeu, qui répètent la même idée sous cette autre forme : la satire de la comédie contemporaine. Le premier* commence par un cri de révolte :
Non, ce n'est pas de nous qu'il fault, Pour accomplir cest eschaffault, Attendre les farces prisées Qu'on a toujours moralisees^.
Recueille qui voudra la succession du moyen âge : le drame religieux a fait son temps. Grévin n'admet pas qu'on puisse « jouer les Saints, la Yierge et Dieu par piété » ;
Aussi jamais les lettres Sainctes
Ne furent données de Dieu
Pour en faire après quelque jeu''.
En même temps que les mystères, il proscrit les moralités. Assez de ces abstractions qui ravissent le public illettré :
Celuy donc qui vouldra complaire Tant seulement au populaire, Celuy choisira les erreurs Des plus ignorans basteleurs :