II, 39, V. 3; v.21-22;40, V
Grévin :
Cesar, magnanime Empereur, Vray guerrier entre tous, Cesar qui d'un grand cueur S'acquit avecque vous l'entière jouissance Du monde, maintenant a perdu sa puissance, Et gist mort estendu, massacré pauvrement Par l'homicide Brute.
Sus donques auyvez moi ' . . .
On pourrait faire, et l'écrivain allemand que je cite plus haut a fait d'autres rapprochements. Je les omets comme présentant des similitudes moins décisives. En voilà assez pour établir notre conviction. Je n'ai relevé que les ressemblances. Certes, la tragédie de Voltaire contient assez d'éléments originaux pour qu'il ne soit pas permis d'y voir simplement une traduction du César de Grévin en vers modernes, comme celle que souhaitait Laharpe. Il n'en reste pas moins constant que Grévin a apporté à Voltaire le secours d'une collaboration demeurée inconnue.
Un avertissement en prose Au Lecteur précède les deux comédies de Grévin^ dont chacune est elle-même précédée d'un Avantjeu en vers. Par l'avertissement, l'auteur expose une sorte de justification personnelle. Il a voulu éviter le parler bas et vulgaire, mais il a voulu aussi se garder du jargon afTeclé de « ces Courtizans qui pensent avoir faict un beau coup quand ils ont arraché la peau de quelque mot latin pour déguiser le françois «. Il faut être simple, pour être vrai. « Le comique se propose de représenter la vérité et naïveté de sa langue » et doit pour cela faire parler chaque personnage selon sa condition sociale : un cuisinier ne parle pas des choses célestes, ni une chambrière des