A THÉOPHILE GAUTIER
POUR LE LIVRE : Le Tombeau de Théophile Gautier.
ISELEUR merveilleux, ô grand peintre, ô poète! Jusqu'au suprême adieu, fier disciple du Beau ; Toi qui, sans te lasser, luttant comme un athlète. Portais de l'Art divin l'étincelant flambeau;
Ta main est donc rigide et ta lèvre muette?... Dans l'air a croassé le sinistre corbeau; Le soleil d'Orient s'éteint sur ta palette, Et sur toi va peser le marbre du tombeau.
Tes yeux, hier encore avides de lumière, N'auront plus de regard! A l'étroit dans ta bière, Te voilà, loin du jour, hélas! enseveh...
Maître, tu peux dormir ! La Muse éblouissante Émerge du cercueil ; et ton œuvre puissante. Triomphant de la Mort, saura vaincre l'oubli.
Paris, 25 Octobre 1872.
riRis
POUR LE LIVRE : Aîîes et Fleurs.
Pj n suivant tous les deux un agreste chemin Qui menait à l'étang où le taillis se mire, Nous égrenions jadis notre plus joyeux rire, Enivrés de soleil et la main dans la main.
Le murmure des bois, comme un tendre refrain, Répondait aux chansons que la jeunesse inspire, Et, pour mieux écouter une invisible lyre, Svelte et charmant, l'iris semblait sortir du bain.
Abrités sous les fleurs, des oiseaux en querelle
Bientôt faisaient la paix, volant à tire-d'aile,
Et fêtaient leurs amours dans le ciel empourpré...
Je suis allé revoir, à la saison dernière, L'iris, parmi les joncs dressant sa tête fiére ; Mais j'étais seul alors, — et soudain j'ai pleuré.