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LA FALAISE

I y ES genêts éclatants et de sveltes bruyères Couvrent, comme un manteau tissé de pourpre et d'or, Les énormes rochers, dont les croupes altiéres Font, à la mer immense, un magique décor.

Le Temps n'ose entamer ces gigantesques pierres Que baise le soleil; et la vague s'endort. En léchant les pieds bruns des géants séculaires. Aux jours de calme heureux, où nul ne craint la mort.

Mais, dans les coups de vent, quand les flots en furie, Déferlent, à côté d'une lande fleurie.

Inondant, à grand bruit, la chaîne des brisants.

Mauves et cormorans tournoient prés de la cime : Le vertige nous prend sur le bord de l'abîme. Et l'âme, avec effroi, songe aux agonisants !

Jobourg, 17 Août 1880.

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