A M. ETIENNE DIDIER
JL E soir, en plein Décembre, et par un vent de bise. Tandis que le grésil vient frapper aux carreaux, Le thé brûlant servi, fermant bien les rideaux, Il fait bon s'installer prés d'un feu qu'on attise.
Les pincettes en main, sous la lampe on devise. Entre amis, librement, — à côté des berceaux Où dorment les enfants, qui rêvent de cerceaux, Et de biscuits dorés, d'une saveur exquise.
Comme la chambre est close ! et que les tristes mois
Passent vite, en parlant des gaîtés d'autrefois.
Ou bien lorsqu'on relit le chef-d'œuvre d'un maître !
On y trouve toujours de nouvelles beautés... Le cœur le plus meurtri se sentirait renaître Au charme pénétrant de ces intimités.
NOÈL
ROIS et quatre ans. La sœur aînée, En chemise, hier soir a mis Dans l'humble et froide cheminée, Deux mignons souliers dévernis.
Voici l'aube de la journée Où les anges du paradis, Quand Noël a fait sa tournée.
Vont éveiller les tout petits.
Elles grelottent, les fillettes.
En quittant leurs pauvres couchettes,
Pour courir vers l'âtre, sans bruit.
Hélas ! les bottines percées Sont encor vides et glacées...
La mère est morte dans la nuit.