‹ Jadis et aujourd'huiChapitre 19 sur 26 · LE TSAR ALEXANDRE I · texte numérisé non relu

LE TSAR ALEXANDRE I

drovitch », que, en prenant congé, ce hussard lui avait baisé la main, ce que Fédor Kosmitch ne permettait à personne. On recueillit un^ icône de Vierge, sur qui était gravé un A à peine visible, un cafetan en drap noir, une crosse en bois, des bas de laine de mouton, des mitaines en cuir de chamois et une ceinture : pas de papiers, sauf un lambeau où Ton crut voir de son écritiire.

Par contre, Tenquête sur la mort de l'empereur Alexandre ne put, à aucune personne de bonne foi, laisser aucun doute. Jour par jour, heure par heure, on suit les progrès de la maladie, une fièvre pernicieuse dont TEmpereur a été atteint durant une tournée en Crimée. On a le journal du prince Pierre Wolkonsky, aide de camp général; les mémoriaux des médecins Willié et Tarassof, les lettres du baron Dibitch au grandduc Constantin, de M. Solomkaà M. Michaïlovsky- Danilewsky, de la princesse Sophie Wolkonsky à l'Impératrice douairière, les témoignages du valet de chambre Fédoroff et du cocher Elie, surtout peut-être les lettres de Tlmpératrice Elisabeth à sa mère, la margrave de Bade, et les fragments de ses mémoires. En publiant pour la première fois ce précieux document, conserve jusqu'ici inédit dans la bibliothèque privée de l'Empereur au Palais d'Hiver, le grand-duc Nicolas-Mikhaïlovitch n'ap-

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porte pas seulement un précieux document sur la mort d'Alexandre I", il permet d'apprécier la figure, jusqu'ici peu comprise, de l'impératrice Elisabeth : il jette sur les rapports conjugaux du couple impérial, à cette dernière époque, un jour très inattendu ; il dévoile, sur la vie intime de l'Empereur, des détails d'une curiosité infinie.

Ce n'est pas tout : il y a le procès-verbal d'autopsie signé de nçuf médecins, contresigné par l'aide de camp général ; il y a l'acte de décès ; le journal tenu par ceux qui ont été chargés du transport du cadavre, qui ne l'ont pas quitté une minute et qui, plusieurs fois, durant le voyage, ont ouvert la bière.

Jamais, peut-on dire, fait historique ne fut mieux démontré, jamais on ne rencontra pour l'affirmer des témoignages mieux concordants et plus positifs : c'est pourquoi il est nié.

Quant à la troisième enquête, elle n'a jusqu'ici donné lieu qu'à une hypothèse curieuse que l'auteur du mémoire n'envisage d'ailleurs qu'avec des précautions extrêmes et sur laquelle il est sobre de développements. Il serait amené à penser que le moine Fédor Kosmitch aurait pu être un fils naturel du grand-duc Paul-Petrovitch ; mais, si certains indices demanderaient à être suivis, ce n'est là rien moins encore qu'une opinion historique. Là pourtant est la clef de l'énigme. — La clef, est-ce bien sûr? On sait en France, par une expérience de près d'un siècle, qu'en pareille matière, les révélations ne

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