Nouvelle Bévue, l^r oclobre-lc"" novembre
celle laïujue vierge et troublanle, wiiùnenl intraduisible, ou tous les sentiments quon exprime, uà tous les sites qu'on veut peindre, sont exprinu-s et sont peints pour la première fois. Je me suis efforcé de garder en français quelque chose de la couleur originale, mais je me suis svrtout préoccupé du côté purement analytique et du fond de l'idée.
L'année dernière, à la campagne, je reçus, par le courrier de onze heures, deux grandes enveloppes. Elles portaient le timbre de Paris et me venaient de deux de mes amis que j'avais retrouvés, l'hiver, dans les circonstances les plus lamentables. Je ne les avais pas vus depuis mon enfance à Constantinople. Ce que je lus me toucha vivement. Ils n'étaient
grands psychologues ni l'un ni l'autre et n'avaient surtout aucune prétention à la psychologie. Mais je fus ému par le récit de ces deux souffrances si différentes et quipourtant, je le compris plus tard, se ramenaient à un même principe. Le premier manuscrit était une sorte de confession ; des notes qui paraissaient jetées au hasard ; une pensée qui suivait son développement d'une façon à la fois tumultueuse et logique.
Le second manuscrit étaitune simple lettre. Voici ce que contenaient les deux envelopi)es