‹ James EnsorChapitre 27 sur 62 · LE FOUDROIEMENT DES ANGES REBELLES · texte numérisé non relu

LE FOUDROIEMENT DES ANGES REBELLES

Collection de M. François Franck, Anvers.

*uissa( ‘(c681) sopueqap spiepnos s9T

or

est plus rare qu'ils se modifient en sens aussi divers, voire contradictoires, et surtout qu'ils aillent jusqu'aux extrêmes dans l'un et l’autre sens. Si le cas se présente, il se développe généralement selon un ordre chfonologique.

Chez Ensor rien de pareil. Les diverses apparences sous lesquelles

Croquis.

s'est manifesté son génie, ne se classent pas dans le temps selon une ordonnance logique. Elles se chevauchent. Tandis qu'il achève une toile, il en conçoit une autre selon un tout autre idéal et, cependant qu'il achève celle-ci, rien ne l'empêche de revenir à sa première vision. On dirait qu'à certains moments il a hésité sur le bien-fondé de ses recherches et de sa vérité. Il n'en est pas ainsi cependant. Ses retours ne sont ni des regrets, ni des conversions. La vérité, c'est que jamais il

*SISAUY ‘UIOŒ ©) ‘[[09

| ‘(S88I) LION VI INVAHG SHNÔSVIN | SAHOxnI ‘12H00 ‘A 01044

n'a eu le sentiment de la satisfaction et du repos. Son âme fut constamment inquiète, avide d’inconnu, en quête de moyens d'art nouveaux.

Cette inquiétude qu'accentuait encore le doute né de l'hostilité et de l’incompréhension environnantes, fut la cause primordiale de sa diversité.

Le Christ agonisant tourmenté par le démon (1805), Eau-forte.

Elle fut par surcroît la source de cet intérêt que la moindre de ses œuvres suscite en nous. Jamais on n'a l'impression du déjà vu. Aussi cette inquiétude, qui n'est que la recherche de soi, — du soi profond et subconscient — la tient-il lui-même pour sacrée. Ceux qui connaissent James Ensor n'ignorent pas que l'œuvre d'art

ne trouve grâce à ses yeux que pour autant qu'elle révèle, chez son

Page 1