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RÉFLEXIONS SUR QUELQUES PEINTRES ET LANCEURS D'ÉPHÉMÈRES

Oui, nos peintres à succès mâchent des bluets en l’honneur de Manet. La haine des cathédrales et des tours:se dessine toujours.

« Le gras fromage réaliste fleurait bon », clament et reclament non sans raison les contrefichistes restés rebelles aux Léliardises-Klauwardées de nos décorateurs minables officiels et officieux, Augustes colorieurs bernardés, tout broermanisés de monochromisme, Raphaëls aux pieds légers, petits Poussins attendant poulet ministériel, Ingristes grisonnant à longues oreilles, sortes de Tiepolos tout festonnés d’architectures croulantes, grands faunes, stylistes revêches détestant fines puérilités, avaleurs de cubes pierreux et autres secs-secs ou lignistes fermés à la grande couleur. Couleur, vie des êtres et des choses, ravissement de nos yeux, enchantement de la peinture !

Chiquenaudons le plus macaroniquement possible nos désorbités de sexe faible, boutiquiers ternes au bec de calmar, cuisiniers dangereux enduits de saccharine, maîtres guillotins de la peinture, éternels bousiers voltigeurs, explorant sans dégoût les gluantes ornières où les impressionnistes de France et de Navarre traînèrent leurs décompositions. Certes, nos lanceurs patentés firent quelque effort pour m'attirer vers leur milieu centrifuge. L'ambiance d'arrivisme ne me va guère et les combinaisons de nos barnums affairés me laissèrent frigide.

Alors nos diplomates bredouillants, postés en hauts lieux en sentinelles spiralées, cuisinèrent mille sottes embüches fiéleusement seringuées, et, depuis, nos ternisseurs de supériorité me vouèrent une haine de tourteau en mal de carapace où de croque-puce rechignant devant maigre brouet idéaliste. Rictus de beaux messieurs étalant râteliers cubiques en chevaliers de la rose effeuillée !

Pourquoi ai-je devancé depuis un quart de siècle, et dans tous les sens, les recherches modernes? Céla blesse affreusement nos arrivistes mal assiettés. Dès l'abord, leurs petits yeux argusés reluisants d'arrivisme, braqués vers les gilets, en un vaste clignotement, semblaient refléter des valeurs commerciales, yeux d'abord interrogateurs, puis

graduellement inquiets, hostiles, haineux et torves. Défilé triste, convul-

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sionnaires pirouettant lourdement, porchers westphaliens grognons, âmes de calicot semblant rêvasser aux saignées radicales, anti-brosseurs portant en leur chétivité la haine du masque, de la lumière et de toute trouvaille non estampillée française.

Faux novateurs bientôt exsangues et livides, en dépit de toutes les irisations, vous rampiez, essoufflés sous vos manteaux de lumière claquant à tous les vents de Bise et d'Orient.

L'hostilité irrémédiable de nos fienteurs d'oseille, complémentée d'inconséquences cramoisies, se dessine nettement. Et de fait les avanies, passedroits, injustices hurlantes, saignées et horions consécutifs me furent prodigués à foison. Besognes de palabreurs marmottants tendant à prouver que l’absent a toujours tort.

Comment respirer dans l'ambiance de nos héliophages recettés, aigrement constitués, pasticheurs atteints de boulimie, où maints Brandebourgeois, les bajoues emplies du fruit de mes recherches, expectoraient leur haine de couards écrasés par mes méprisantes évolutions ? Devant l'hostilité de ces maîtres mange-tout, devais-je, comme Louis Dubois, offrir sur un plat mes poumons à l'huissier ?

Depuis, nos étriqués jérémiants, livrés aux entreprises des dames et des demoiselles mûres, exposant surtout fleurs et petits chats, exécutés au crayon Raffaelli, crême d'Ostiac, suc de Turcoman pasteurisé, résidu de chiourme flottant entre deux eaux. Et picturalement parlant, des amateurs de sexe plutôt faible étalèrent impunément leurs boursouflures vaniteuses et leurs vastes maussaderies.

Oh! les vilainies envieuses de nos courbe-échine mal posturés, gargouillant maigre pissat de châton engourdi !

Enfin, traqué par les suiveurs, je me suis confiné joyeusement dans le milieu solitaire où trône le masque tout de violence, de lumière et d'éclat. Le masque me dit : « Fraîcheur de ton, expression suraigué,

gr sit

décor somptueux, grands gestes inattendus, mouvements désordonnés, exquise turbulence ».

Protestons, protestons, et sans cesse reprotestons.

Jugeons les maîtres par nous mêmes :

D'abord le banal hommage à l’art bestial de Rodin, dit le grand vivisculpteur.

Tronçons et tranches débités par Rodin, Antiques abrutis et modernes crétins, Étranges jongleurs ‘à téte de lapin, Pourquoi étes-vous exsangues ?

Passons aux peintres :

Les compositions inexpressives, aux aigreurs ostéologiques de Fernand Khnopff, toujours distinguées et peu distinguées, représentent d'ordinaire des pintades galinacéennes, farcies de fausse distinction. Oiseaux bizarres, sans queue ni tête, amplement machoirdés, mais totalement dépourvus de frontal et d’occiput.

Khnopff manque de souffle, dit-on, mais il se renforce lorsque, lassé des pourpres britanniques, il subtilise finement, en cornemusier séraphique, les tons gorge de pigeonne, ventre de biche, poumons de mulet, postérieur de macaque roséolé, lapis et malachite, cuisse de nymphe émue, eau de boudin, poil de poularde faisandée, vert mallarmé, aspic de hérisson, rose digne, tripes de calfat, azur douillet, blanc dindonnesque, violet pincé de sournoisie, mule du pape, source de clarisse immaculée, rouge indescriptible, bleu Ensor, jaune théâtral, tête morte de momie, gris archi-béton, rouille de caronade, vert céladon brûlé et volute défraîchie.

Baertsoen, toujours probre et patient, remue les vases et boues fétides chères à l’odorat gantois et dessine chichement l'académie serpentine des canaux de la cité de Maeterlinck, où nagent des canards acadé-

miquement palmés. Vision mélancolique d'égoutier typhique surmené.

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