FLEURS
Coll. Krôller, La Haye.
GT
de ce tableau est sourd-muet ; il est facheux qu'il ne soit aveugle ; il ne pourrait faire peinture aussi mauvaise ».
Plus loin, même jeu, devant un paysage de Claus. Ici le Roi interrompt par un grot mot bien senti... Là dessus, effondrement momentané du démolisseur.
Jetons un voile épais sur les échantillons d'Arthur...
Quant à Joseph, le moins madré du trio, il a été vendu par ses frères. Devant eux, il reste présentable. Parlons d’Alfred surtout.
Avant de toucher à ce débris national j'ai hésité longtemps et réfléchi plus de sept fois, mais on dit tout bas ce que l’on n'ose dire tout haut, et je l'entends beaucoup dire. M. Stevens a cherché tous les succès, il en a usé et abusé, et sans lassitude s’est repu des plus basses louanges, a flatté la gent la plus vile.
Ses peintures sont banales, son coloris confituresque ; elles n'inspirent aucun sentiment élevé, aucun grand parti-pris. Elle révèlent une médiocrité licencieuse prête à toutes les concessions: demi-qualités, chic, roueries, basses roublardises.
Ses produits plaisent aux boursiers congestionnés, aux Sémites purulents, aux Grilles-d'Egout sur le retour, aux provinciaux moutonniers, aux snobs inconsistants, aux financiers rapaces, aux « pigeons gluants » : boulevardiers, absinthés, couturières…
Sous le masque de l’art flamand, M. Stevens massacre nos jeunes artistes. Pourquoi lui sacrifier nos meilleurs peintres ? Devant lui, la modération ne tient pas debout et serait presque crime.
Les matoiseries très roublardes de M. Stevens, sa couleur groseillière et pistachue, ses minauderies raffinées, ses peintures luisantes comme table de mastroquet mouillées de paillettes de liqueurs frelatées, les chairs vitreuses de ses fades Parisiennes ne sont pas d’un Flamand.
M. Stevens n'a jamais atteint la cheville des peintres : Artan,
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Dubois, Boulenger, Degroux, écartés, sous son règne, des salons parisiens et galeries princières. Beaux flamands aussi: Leys, Debraekeleer, Smits, Meunier, Mellery, Rops, etc., etc. Saluons ces glorieux et probes artistes !
Hélas ! trois fois hélas!!!
Pourquoi démolir un vieillard; nécessité oblige cependant : M. Stevens a-t-il eu quelques beaux mouvements, a-t-il possédé comme son frère l'œil luisant du blaireau à l'affût? Aujourd'hui l'œil est inexpressif, semblable à huître braquée vers le Zénith.
Les bourdonnements de vesse aigre tournoyant dans une moule terne ne peuvent nous désarmer.
Les critiques de M. Stevens sont hyénales, vampirioques, etc., etc. M. Stevens sait lancer raidement un jet pisseux de civette essoufflée. | Actuellement, nous le voyons partout s’abattre de tout son faux poids sur des artistes honnêtes, consciencieux, et se carrer dans ses vieux succès. Ses peintures ont plu aux boursiers fétides, aux banquiers mollets, aux sémites crochus, aux biches émpaillées, aux Nanas dégonflées.
C'est plus que parfait.
Que M. Stevens ronge ses lauriers en paix, qu'il se contente de ce qu'il a cherché et trouvé.
Ne pas lui dire ces vérités serait action mauvaise, je le répète largement.
Quand son frère Arthur, non moins hostile aux peintres belges, formait gratteculinesquement les galeries des princes et banquiers richissimes, il oubliait nos beaux artistes flamands, mais jamais ne négligeait d'y glisser les peintures de ses frères.
M. Alfred Stevens, après avoir massacré nos artistes belges en France, promène ses restes en Belgique et, dérision amère, prononce, une larme de lézard dans la moustache, des discours navrants sur leur
tombe, attitude grotesque.
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