LE PONT
La maritorne, paraît-il, était d'humeur tenace. Le peintre avait dû lui promettre le conjungo légal. Cependant, n'ayant trop d'inclination pour des liens aussi solides, il la leurra malicieusement, en lui jurant que ses vœux seraient exaucés, pourvu qu'elle se corrigeât de sa manie de mentir, dans un délai déterminé. Satisfaite, la fille accepta ces conditions, jugeant facile de contrecarrer son vice. Mais le terme du délai admis par elle n'était pas encore atteint que déjà le nombre de ses fautes avait de beaucoup dépassé la mesure...
Van Mander raconte aussi que Breughel aimait les habitudes et les "mœurs rustaudes. Sa grande préoccupation était de ne laisser échapper aucune
nu BOIS.
commémorent le souvenir, par exemple le Banquet de Noces du musée de Vienne, une représentation de ripailles pantagruéliques, et aussi la Fête des Rois, de la collection du marquis Mansi, à Lucques, où les goinfreries populacières, accompagnées de braillements assourdissants, sont davantage encore exacerbées...
Au fond, la sincérité qu'il prétendait rencontrer dans son œuvre était le mobile essentiel qui poussait le maître à s'encanailler de la sorte, car il se préoccupa toute sa vie des côtés humains à silhouetter, dussent-ils entamer la vérité historique. Par exemple, il ne lui déplaisait pas de peindre les sujets bibliques. L'histoire lui fournissait le canevas pour broder ses idéations per-