ÉTUDE
sulfureuses et de couchers de soleil dans des nuages d'orage.
Mais le fantastique artiste saisit un escabeau et s'assied dans un coin de l'atelier, devant un clavecin aux touches ivoirines usées et toutes défoncées, sur lesquelles ses doigts se mettent à courir précipitamment ainsi que des faucheurs, tantôt les frôlant à peine pour en faire sortir comme un gazouillis lointain, puis les martelant, les exaspérant, les endiablant jusqu'à la folie, ce sont des danses de squelettes s'entre-choquant, des rondes de diables, des courses échevelées de vieilles femmes à cheval sur un manche à balai, puis quelques notes scintillantes, quelques accords cristallins, irisés, un sautillement gracieux, une lumière d'aurore, une gerbe de tulipes, de chrysanthèmes, de dahlias et d'œillets, un rêve d'âme ingénue, enfantine et comme frileuse, regardant étonnée autour d'elle et s'avouant. Mais voilà qu'un petit diable vient de surgir, il s'allonge et grimace, et aussitôt le clavecin tremble d'un rire aigu, plaqué nerveusement par les mains osseuses de notre ami. C'est un rire moqueur, presque méchant : « Non, ne croyez