‹ James ThomsonChapitre 150 sur 294 · AN SES · texte numérisé non relu

AN SES

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Mais notre poète ne s'arrête pas là, et sa protection, bien plus bas dans l'échelle, descend jusqu'aux créatures les plus humbles, les plus méprisées. S'il parle de la pêche, il condamne l’emploi de l’appât vivant. «Que sur ton hamecçon le ver « torturé n’agite pas ses anneaux dans une douleur convul- « sive'.» lei encore le souvenir de Shakespeare s'impose à nous. Il avait déjà — et peut-être avant Thomson était-il 16 seul parmi les poètes de l'Occident — pensé et dit que l’homme

. n’a pas le droit d’infliger la souffrance à la moindre créature.

Le pauvre insecte que nous écrasons sous le pied, Éprouve dans la souffrance de son corps une agonie aussi cruelle Que celle du géant qui meurt ?.

Il est vrai que, par une inconséquence assez commune, Thomson n’étend guère au poisson la pitié que lui inspire le ver. Il a bien un mot de compassion pour «le misérable faible, « inerte et sans plainte, de la poitrine duquel il faut arracher « l’hamecon »; mais sa nature d’Écossais et de pêcheur l’emporte; il prône et recommande la pêche — à condition de n’employer que des mouches artificielles *.

blerie. IL s’y mêle presque toujours un grain d’ironie ou de malice qui le sauve de la puérilité, et lui permet d'étendre, en demeurant touchant et sincère, sa pitié jusqu’au « pauvre vieux Nicholas ». — Burns a trouvé l'exacte mesure dans cette expression de la sympathie de l’homme pour les créatures inférieures. C’est l'émotion sobre d’une tristesse à demi souriante, qui reste à égale distance des attendrissements larmoyants de Thomson, et de la rhétorique déclamatoire de Viclor Hugo dans des pièces comme l’Ane, le Cochon, etc.

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