‹ James ThomsonChapitre 149 sur 294 · Autumn · texte numérisé non relu

Autumn

tion de la chasse. Le peintre et le moraliste avaient ici un prédécesseur illustre. Nous ne nous étonnons pas de trouver dans les vers de Thomson plus d’un souvenir d’une scène célèbre de Shakespeare ‘. C’est à lui que notre poète emprunte l’épithète « sobbing ? », et « mark his side with gore * », et l’idée de la dernière souffrance du pauvre animal que fuient ses frères égoïstes, et ce vers qui est presque de toutes pièces emprunté au grand dramaturge :

« The big round tears run down his dappled face #. »

Les souffrances même des bêtes de proie éveillent chez le poète quelque sympathie. Après avoir engagé les chasseurs à tourner leur ardeur contre le lion, le loup, le sanglier ou le renard, « le nocturne voleur », il constate l’héroïsme du bandit qui, « forcé et dur à tuer, se laisse sans une plainte « déchirer par cent gueules impitoyables ? ». C’est là une note très moderne que ne connaissait guère la poésie antérieure à notre siècle. Le renard de Thomson n’est pas indigne d’être mentionné à côté du loup de Vigny, qui

« Sans daigner savoir comment il a péri, Refermant ses grands yeux, meurt sans jeter un cri $. »

Cela suffirait sans doute à montrer que c’est bien à Thomson que revient l'honneur d’avoir, le premier depuis Shakespeare, témoigné une sympathie pour les souffrances des animaux et prononcé un plaidoyer ému en défense de leur faiblesse et de leur droit à la vie. C’est une injustice que d’attibuer à Cowper et à Burns le mérite de cette compassion et de ce rappel à humanité ?.

1. As You like It, acte II, sc. 1, du vers 21 à la fin de la scène. 2 « The sobhing deer », v. 66.

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