P. 341 du recueil
2, « The Incomparable Soporific Doctor », p. 343.
3. « The Happy Man »,p. 345. Dodington était le patron et, dit-on, le collaborateur de Ralph. Voir p. 69, n. 2.
4. « À Hymn on Solitude », p. 346. C’est l'exécution plus achevée d’une pièce écrite quatre ans auparavant. Voir la lettre à Mallet du 10 juillet 1725.
Millan fit paraître, cette même année, un poème anonyme à la mémoire de Congreve que l’on a attribué à Thomson. Cette paternité n'est pasprouvée. On trouvera la question examinée dans une autre partie de cet ouvrage.
5. « Poor Stubbs kept me alive. He toils here in two parishes for 40 1. a year; had I paper I would rail for a page more at it. » Le Révérend George Stubbs était un des familiers de Dodington à Eastbury. Thomson fait encore mention de lui dans une lettre à Dodington, octobre 1131.
6. « It shall not be long thus, and soon will I haug up my harp upon the willows. »
« moment revenir, au milieu du tumulte et des sottises du « monde, et qui ne manque jamais de faire naître en nous « l’émotion la plus exquise, c’est là un Art du Bonheur dont «la Fortune ne saurait nous dépouiller !, »
Il avait en vérité le droit de songer au repos, car en même temps qu'il assurait, en écrivant l’ € Automne », la fin de sa grande œuvre, ilse préparait à demander au théâtre une autre gloire et, si possible, des ressources plus prochaines et moins précaires. Il suivait en cela l’exemple d’un grand nombre de ses contemporains. Young, Hill, Mallet, Mitchell-Polyphème, pour ne parler que de ceux avec qui Thomson se trouve en relations directes et fréquentes, ont fait jouer des tragédies. Ce n’est pas que le génie dramatique fût alors abondamment répandu. Il n’est pas d'époque où le théâtre anglais se montre plus pauvre que durant cette longue période qui s'étend des drames d’Otway aux comédies de Sheridan. Mais au moins Part dramatique offrait-il aux auteurs de sérieux avantages. Le profit qu'ils en tirent est, au xvir° siècle, notablement supérieur à ce qu'il était à la fin du xvir ?. Il est et il restera longtemps encore plus élevé que celui des autres labeurs poétiques *. Pour ces derniers en effet les patrons ont cessé de
1. « To turn my eyes a softer way, I am really touched with à fair neighbour of yours — you know who... Lay your hand upon a kindred heart, and despise me not. I know not what it is, but she dwells upon my thought, in a mingled sentiment which is the sweetest, the most intimately pleasing the soul can receive, and which I could wish never to want towards some dear object or other. To have always some secret darling idea, to which one can still have recourse amidst the noise and nonsense of the world, and which never fails to touch us in the most exquisite manner, is an Art of Happiness that Fortune cannot deprive us of... » Il-y a une curieuse ressemblance de fond et même de tour entre cette pensée et celle qu’exprime Mme de Slaël : « Le cœur a besoin de quelque idée merveilleuse qui le calme et le délivre des incertitudes et des terreurs sans nombre, que limagination fait naître... » (Cité par A. SoreL, Mme de Staël, p. 48.) à
2, « Old Jacob Tonson purchased the copy right of Venice Preserved for 15 pounds. » (Davies, Dramatic Miscellanies, t. II, p. 150.) — Les libraires donnent aux contemporains de Thomson environ 100 livres pour ce droit de publication. (Voir, au sujet du bénéfice des auteurs dramatiques, A. BerJame, le Public et les Hommes de lettres, p. 386.)
3. Tandis que Johnson recevait 100 livres de son éditeur pour le manuscrit d’Irene, il vendait pour 45 livres son poème Upon the Vanily of Human Wishes. On sait quel prix modique Goldsmith recevait de ses diverses productions; sa comédie She Stoops to Conquer lui valut au contraire de 300 à 400 livres.
payer généreusement, et le public ne donne pas encore de rémunération satisfaisante. Une gloire fructueuse comme celle de Pope est chose extraordinaire et toute exceptionnelle. Au théâtre, au contraire, outre la vente du droit de publication, les trois soirées réservées au bénéfice de l’auteur lui laissent presque toujours une somme fort raisonnable, et, si la pièce rencontre un franc succès, elle peut apporter la fortune au poète. On connaît le mot qui courait alors sur le célèbre. Beggar's Opera joué le 29 janvier 1828, avec un succès qui « rendit Gay riche et Rich gai ».
L'annonce de la tragédie de Sophonisba éveilla l’attention de tout le public lettré. Les répétitions en furent suivies par la société la plus élégante, et la pièce fut jouée au théâtre royal de Drury-Lane, le 28 février 1730, devant un auditoire si nombreux que beaucoup de « gentlemen » furent obligés de se placer dans la galerie supérieure !.
C'est une notion très généralement répandue que la première tragédie de Thomson échoua entièrement; c’est aussi une anecdote reproduite par la plupart des biographes que l’échec, préparé par la faiblesse de la pièce, fut déterminé par une parodie burlesque d’un vers malheureux.
Oh! Sophonisba, Sophonisba, oh!
aurait provoqué cette exclamation d’un loustic du parterre :
Oh! Jemmy Thomson, Jemmy Thomson, oh!
L'examen attentif des faits nous oblige à faire d’expresses réser ves sur le premier point, et à nier l’influence sur le sort de la tragédie du célèbre bon mot.
On peut considérer « Sophonisbe » comme ayant obtenu un succès fort honnête. La tragédie eut dix représentations ?. Les
1. Voir en particulier les biographie de Shiels et de Bell. 2. La 3°, la 6° et la 9° eurent lieu au bénéfice de l’auteur.
pièces malheureuses n’arrivaient pas à pareil total !; et qua-
torze représentations, comme pour le Mustapha de Mallet, étaient un résultat tout à fait brillant. Le droit de publication fut acheté par Millar 137 livres 10 schellings ?. Le prix ordipaire pour les tragédies qu’on jugeait valoir la peine d’être publiées était 100 livres *. L'éditeur n’eut pas à regretter l’affaire; il avait tiré, avant la fin de l’année, quatre éditions ‘. Voilà des faits qui suffiraient à indiquer autre chose qu’un piteux échec; il y en a d’autres encore qui sont moins connus. La correspondance de Rundle relate les applaudissements de l'auditoire, et le même témoignage nous est fourni par un ennemi de Thomson. Une brochure, dans laquelle une attaque violente est dirigée contre l’auteur et la pièce Ÿ, reconnait le succès bruyant et persistant dela «Sophonishbe » : «Cette tragédie « a été recommandée au monde par une foule de Patrons... Il «est vrai qu’elle parut plaire à certaines personnes; elle avait « des partisans nombreux dans la salle : des Écossais aux mains « harmonieuses et aux pieds joyeux attestaient que c'était là une « vraie fille du Génie . » Et vers la fin de cette longue diatribe
À. L’Irene de Johnson s’éteignit après la 9°.