‹ James ThomsonChapitre 19 sur 294 · Goonuucn, The English Gentleman’s Library Manual, p · texte numérisé non relu

Goonuucn, The English Gentleman’s Library Manual, p

3. C’est Tom Davies (Life of Garrick, vol. I, p. 148) qui fait connaître ce prix-courant.

4. « in 1730 four editions of Sophonisba,; a Tragedy, as it is now acted at the Theatre-Royal in Drury lane, by Mr. Thomson. were printed by Bowyer. À small number were printed in-4° on large paper. » (J. Nicuozs, Anecdotes of Bowyer, édit. 1812, vol. I, p. 436.)

5. À Criticism of the New Sophonisba.…. MDCCXXX. L'auteur anonyme est évidemment un confrère. Il fait à plusieurs reprises mention d’une tragédie du Timoleon qui fut jouée à Drury-Lane un mois avant « Sophonisbe ». Il établit entre les deux pièces une comparaison qui est tout à Vavantage de la première, et accuse Thomson d’avoir manifesté, pendant la représentation de cetle tragédie, une jalousie inconvenante. On à supposé que l’auteur du pamphlet était un ami de Benjamin Martÿr, le poète de Timoleon. Nous admettrions même volontiers qu'il faisait avec celui-ci une seule et même personne. Il se donne, au cours de ses aigres remarques, le pseudonyme burlesque de Tim Birch, qui, si on le compare à Benjamin Martyr, a bien avec ce nom quelque air de parenté. « I promised not to appear in the Pit till the author’s 4" benefit Night when I expect for my Service a Ticket directed for me Tim Birch at Richard’s Coffee House, Temple Bar. »

6. « The Tragedy has been recommended to the World by a crowded Patronage.….. ’Tis true the Thing seemed to please some Persons; there was a numerous Party in the House. Scoftchmen with tuneful Hands and: merry Feet, attested it to be a true Barn of Wit.…. I don't expect the Honour of being answer’d by the Author or any of his admirers.... [ was

l’auteur conclut avec mélancolie : « Je ne m'’attends pas à «ce que le poète ni ses admirateurs me fassent l’honneur « d’une réponse... J’ai appris que le droit de publication a été «vendu, je ne pense pas que les fautes empêchent la vente « de la tragédie. »

La note exacte, qui nous fait connaître l'impression du public éclairé de 1730, nous est donnée par le Dr. Rundle. « Je vous «envoie « Sophonisbe », écrit-il à Mrs. Sandys. C’est, à mon «sens, une distraction raisonnable à laquelle la vertu elle- «même peut accorder quelques larmes d’approbation.….. Le « sujet est mauvais; sa seule justification, c’est qu’il est vrai. « Le style est incomparable, mais le plaisir qu’il procure n’est « pas de cette qualité populaire qui remplit les théâtres d’au- « diteurs nombreux !. »

La parodie célèbre que Cibber et Johnson attribuent à un plaisant du parterre n’eut donc pas sur les destinées de la pièce l'influence fatale qu'ont supposée les biographes. La raison pourrait bien en être qu’elle ne fut pas improvisée et lancée aux échos de la salle, au milieu des éclats de rire des spectateurs, comme la légende s’en est établie. Nous doutons fort que les contemporains de Thomson l’aient connue aussi généralement que nous. Cest Johnson qui l’a rendue célèbre. Nous venons de voir que la pièce ne tomba aucunement après les premières représentations. Nous ajouterons que le vers malencontreux se retrouve non seulement dans les quatre éditions de «Sophonisbe » qui parurent en 1730, mais encore dans l'édition des œuvres complètes de 1738 ?. Ce n’est qu'après cette LE que le vers fut changé en cet autre :

O Sophonisba, I am wholly thine!

iiformed the first Night that the Copy was sold for 100 pounds.… . I don’t PAS the faults will be any hindrance to the sale. »

. « I send you Sophonisba,; which I think a reasonable entertainment he virtue herself to behold with tears of approbation... The Story is a bad one, and its being true is the only justification of it. The writing is incomparable, though the pleasure it affords is not of that popular kind which can draw crowded audiences... When it was acted, however, the sentiments of virtue and honour were universally felt with pleasure; and the audience was hurried, by the divine enthusiasm of nature, to honour, by the praise of their hands, those moral beauties which they cannot forbear loving….. » (Runpze. Letters to Mrs. Sense 16 mars 1129-1730, p. 105.)

2. On est étonné Hé voir que tétrele commune sur ce point soit par-

Est-il vraisemblable que l’auteur eût obstinément conservé un vers devenu ridicule? N’est-il pas plus probable que la parodie eut un succès limité à un cercle étroit? Elle se trouve dans la & Critique » du prétendu Tim Birch. Passant en revue ce qu'il appelle ironiquement « les beautés de pensée et de style », il annonce le vers comme « a fine Epanodos, in imitation of Farnaby ‘ », et inscrit au-dessous sa propre imitation : € Oh! Jemmy Thomson, Jemmy Thomson, oh! » Mais pas une allusion à la popularité de cette parodie; rien qui fasse supposer qu’elle ne provienne pas, aussi bien que toutes les autres ironies ici dirigées contre Thomson, du propre cru de Tim Birch. Telle nous semble bien être en effet l’origine de cette amusante plaisanterie. Elle ne fut connue d’abord que des lecteurs, sans doute assez peu nombreux, de la « Critique ». Cest là que Fielding l’a recueillie ?, et après lui Cibber et Johnson. De ces lazzis fameux qui sont restés attachés au souvenir de certaines pièces, il est deux catégories. Les uns, authentiques, ont entraîné ou accompagné la chute de l’œuvre; les autres plus nombreux ont été sans effet sur les représentations, parce qu'ils ont été imaginés après coup. C’est à cette catégorie, croyons-nous, qu’appartient celui qui aimmortalisé un mauvais vers de « Sophonishe ».

La reine avait manifesté un intérêt spécial pour cette première œuvre dramatique du poète. Ce fut donc à elle qu'il la dédia. Dans quelques mots de préface il reconnaît avec modestie les fautes de ce début ?, et renvoie aux inter-

tagée même par un historien aussi prudent et aussi exact que Allan Cunningham : « The line was amended in the second edition », dit-il (p. 28).

1. Probablement Thomas Farnaby, l’auteur d’un Systema Grammalicum (1641).

2. Dans son amusante tragédie burlesque The Tragedy of Tragedies; or the Life and Death of Tom Thumb the Great, publiée aussi en 1730. Le procédé suivi est exactement celui de Tim Birch. Le vers de « Sophonisbe » est cité comme imité de cet admirable modèle de Tom Thumb :

Oh! Huncamunca, Huncamunca, oh!

Et ce n’est pas la dernière plaisanterie qu’ait inspirée le malheureux vers; nous le verrons dans notre étude de la tragédie de Thomson.

3. Cette préface contient la traduction d’un passage « from the celebrated Monsieur Racine ». C’est ce fragment de la préface de Bérénice (et non pas d’/phigénie, comme dit Brugière de Barante) où le dramaturge francais justifie les règles de la simplicité d’action et de l’unité de temps.

prètes, Wilks, et surtout Mrs. Oldfield *, le mérite du succès ?.

Johnson rapporte, sur l’autorité de Savage, que le prologue de la tragédie fut écrit, pour la première partie, par Pope, et, pour la deuxième, par Mallet. Le fait serait intéressant, car il témoignerait d’une faveur tout exceptionnelle. Pope était souvent sollicité de rendre pareils services

« Les souhaits modestes d’un autre poète se bornent à ces «trois points : — mon amitié, un prologue et dix livres *. »

1. Mrs. Oldfield occupe une place importante dans la chronique théätrale et littéraire de ce temps. Elle se posait en protectrice du mérite infortuné (Savage fut plus d’une fois son obligé et lui a adressé une ode); elle avait des prétentions au goût et au talent de parole. Pope ne V'aimait pas, et dans son « Art of Sinking » tourne en ridicule une façon de parler qu'il désigne sous le nom d’Oldfieldismos, imprimé en caractères grecs. Voltaire semble avoir apprécié son talent dramatique et mentionne dans l’Épitre dédicatoire de Zaïre

« Votre Oldfeld et sa devancière. »

Le rôle de Sophonisbe fut sa dernière création, et, disent les annales du théâtre, la cause-immédiate de sa mort.

« The part of Sophonisba, a Tragedy (by Mr. Thomson, famed for many excellent Poems) was reputed the cause of her Death; for, in her Execution, she went beyond Wonder, to Astonishment! From that Time her Decay came slowly on and never left her till it conducted her to her elernal Rest, the 23" of October 1730... Oh! that we might have another from her ashes! » (Cusrwoop, History of the Stage, p. 202.)

2. La liste des interprètes est celle-ci : Massinissa, Mr. Wilks; Syphax, Mr. Mills; Narva, Mr. Roberts; Scipio, Mr. Williams; Lœælius, Mr. Bridgewater; Sophonisba, Mrs. Oldfield; Phœnissa, Mrs. Roberts.

Les chroniques du théâtre enregistrent quelques anecdotes se FAPPOTIARE à ces représentations de Sophonisba.

La biographie de Shiels (Cisser’s Lives) prétend que Thomson s'était placé, pour suivre la représentation, dans la galerie supérieure, mais que, dans l'état de surexcitation où il se trouvait, il ne pouvait s'empêcher de déclamer les rôles en même temps que les acteurs, ct d'annoncer les scènes à venir. — Nous verrons plus loin que ce racontar peu vraisemblable est rapporté, par d’autres autorités, à la représentation d’autres pièces. Voici une anecdote moins connue et plus authentique :

« When Thomson's Sophonisba was read to the actors, Cibber laid his hand upon Scipio, a character which, though it appears only in the last act, is of great dignity and importance. For two nights successively, Cibber was as much exploded as any bad actor could be. Williams, by desire of Wilks, made himself master of the part, but he, marching slowly, in great military distinction, from the upper part of the stage, and wearing the same dress as Cibber, was mistaken for him and met with repeated hisses joined to the music of catcals, but as soon as the audience were undeceived, they converted their groans and hisses to loud and long continued applause. ». (T. Davies, Miscellanies, vol. III, p. 263.)

3: « Three things another’s modest wishes bound, My friendship, and a prologue, and ten pounds. » (Epistle to Arbuthnot, vers 41, 48.)

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