Voici cependant un exemple
« Alive | his eve | ry look, | his eve | ry fea | ture.» (Autumn, 269.)
Aikin voit là un vers trochaïque. Ce serait l'isoler bien plus violemment au milieu du rythme si nettement marqué des vers de Thomson.
6. L’e final en effet n’est jamais compté, sauf après ! ou r précédés d’une consonne :
« Modest | and sim | ple, in | the pomp | of wealth. » (Summer, 410.)
« Stands mant | led o’er | with green, | invi | sible » (Winter, 304.)
« As with | a chain | indis | solu | ble bound. » (Summer, 98.)
néglige presque toujours dans la mesure de ses vers ‘. Du reste il use d’une grande liberté dans sa facon d’élider les voyelles non accentuées. L’e de l’article « the » disparait toujours devant une voyelle. La même voyelle, non accentuée, s'élide très souvent dans le corps des mots : heaven ou heavens *”, clustering *, wanderer *. fluttering *, muttering ‘, quickening”, generous ‘, general *, sheltering ‘, boisterous ‘‘, etc. D’autres voyelles encore subissent la syncope : av-a-rice ‘*, barba-rous ?, etc. À plus forte raison la voyelle qui en avoisine une autre et peut former diphtongue avec elle : radiance !#, gradual , influence ‘6, impetuous 7. Ow suivi de er absorbe l’e : towers ‘8, shower !?, flower *, flowery ?!, follower ?. Quelquefois c’est l’o lui-même qui s’atténue au point de ne plus compter dans la mesure et de former synérèse avec la syllabe suivante :
And in | direech | oes bel | lowing round | the main *. And watch | them strict: | for, from | the bel | lowing east ?*. The bil | lowy tem | pest whelms *#.
L’ «y » d’une terminaison atone s’élide quelquefois devant une voyelle suivante :
In ma | nya vain | attempt. | How sinks | his soul 26
Parfois au contraire le poète fait compter comme syllabe atone une terminaison dont la voyelle est habituellement muette :
Blank in | thelead | encol | oured east, | the moon ?7.
Au sujet des cas si nombreux de voyelles qui ne comptent pas dans la scansion du vers, on peut se demander si le poète
1. Dans les vers de Summer que nous avons analysés la finale est muette dans « chastised, » 25, « sublimed », 110, « abhorred » 210, « ensnared », 215, « pleased », 218, « unnumbered », 300.
2. Summer, 18, 119, 291, etc. — 3. Ibid., 205. — 4. Ibid., 213. — 5. Ibid., 278. — 6. Winter, 988. — 7. Summer, 105. — 8. Ibid., 438. 9. Ibid., 187. — 10. Ibid., 226. — 11. Winter, 836. — 12. Ibid., 489.
13. Spring, 110, etc. Dans les premiers vers du même chant on relèverait : « neighb-owr-ing »,44; « exub-e-rant », T4; « gran-a-ry », 76; « lib-eral », 229; etc.
14. Summer, 148. — 15. Jbid., 287. — 16. Jbid., 210. — 17. Spring, 310. — 18. Summer, 89. — 19. Ibid, 127. — 20. 1bid., 198. — 91. Ibid., 212. — 22. Ibid., 216. — 23. Winter, 1013. — 2%. Ibid., 268. — 25. Ibid.,.213. — 26. Ibid., 288. — 27. Ibid., 124.
entendait leur conserver une valeur atténuée ou bien les élider franchement. La réponse ne nous semble pas douteuse. Jamais Thomson n’a songé à cette moderne théorie qui admet le mélange dans le rythme ïiambique de pieds trisyllabiques. L’exemplaire de Mitford, avec ses annotations manuscrites, nous fournit à cet égard des indications décisives.
Ni Thomson ni Pope ne suppriment toujours, dans leur orthographe du mot, la voyelle qui s’élide pour l'oreille; mais ils prennent ce soin assez souvent pour nous donner la preuve que le mot se présente bien à leur esprit sous cette forme. Ils suppriment généralement l’ &« e » de l’article quand il doit disparaitre devant une voyelle.
« Th’ exoner’d » du texte est par Pope changé en « Th’ acquitted ! ». Dans un autre cas la note de Pope donne « the » qui est remplacé par & th’ » quand le poète a fixé son choix, pour le mot suivant, sur € amusing ? ».
Si « barbarous » *, Cbillowy » 4, € reddening » ÿ, et beaucoup d’autres termes analogues conservent orthographe de trisyllabes alors qu'ils ont une valeur de dysyllabes, d'autre part nous lisons « roughning © », «towr-encircled * », € ev’n À », etc.
Allitération et onomatopée. — L'adoption d’une forme poétique imitée de la France n’a jamais fait entièrement oublier, dans la littérature anglaise, le procédé de l’ancienne poésie anglo-saxonne, l’allitération. Elle reprend surtout une partie de son importance première dans le vers blanc. Elle y conserve une place à des effets analogues à ceux que produit la rime. Quelques-uns des maîtres du vers non rimé en ont fait un très heureux usage. Chez Thomson cependant, elle ne joue pas un rôle important. On peut dire que, sauf une exception que nous aurons à signaler, il a fait bon marché de cet ornement.
. Édition de 1738, Spring, v. 100. Édition définitive, v. 152.
. « And to the Curious gives (the) th’ amusing scenes ».
. Spring, 116 (édit. de 1738).
. Autumn, 341 (édit. de 1738).
. Summer, 834 (édit. de 11738).
. Spring, 597 (édit. de 1738).
. Note de Pope au v. 20 de Summer.
. Autumn, 1107 (édit. de 1138). — IL arrive à Thomson de corriger l'orthographe de Pope. Celui-ci proposait « AIl ether sadd'ning »; l’auteur des « Saisons » accepte l’hémistiche, mais en modifie l'orthographe : « All ether sadening », (vers 1016 de l’édilion de 1738).
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Avant de commencer cette étude, il ne sera pas inutile de préciser ce qu'il faut entendre par le mot lui-même. Il y a en effet plusieurs sortes d’allitérations. L’une résulte de la rencontre fortuite d’un même son de consonne au commencement de plusieurs mots du même vers, sans qu’il en résulte aucun effet littéraire. C’est là d'ordinaire une négligence et un défaut de style, et non pas un procédé poétique. La véritable allitération est une ressource volontairement employée par l'écrivain en vue de certains effets que nous pouvons déterminer. Tantôt elle a pour objet de flatter l’oreille, comme le fait la rime, en lui procurant ce plaisir qui naît du retour du même son. Tantôt, comme la rime encore, elle marque d’un trait plus accentué certains mots, et les fait ressortir plus vivement. Tantôt enfin elle vise à rapprocher l’un de lautre, s'ils se trouvent séparés dans la contexture de la phrase, des termes qu'unit un rapport de sens, ou à les joindre plus étroitement s'ils sont voisins. C’est à ces trois effets que se reconnaît la véritable allitération. Outre l'effet sonore qu’elle apporte à l'oreille, elle ajoute aux mots une valeur nouvelle par le seul fait de la ressemblance qu’elle établit ou qu’elle signale entre eux. Quand enfin la répétition des sons concourt à produire une certaine harmonie du vers, en rapport avec la nature des pensées, alors nous dépassons lallitération proprement dite; nous rencontrons une des formes de l’harmonie imitative.
Les allitérations inutiles et involontaires ne nous retiendront pas. Elles ne méritent d’être signalées que comme indices d’un -défaut de fini dans l’œuvre, d’un certain manque de délicatesse d’organe chez l’auteur. La consonne $ présente à cet égard en anglais un danger constant. Elle constitue trois des flexions les plus importantes de la langue, et joue un rôle dans la composition d’un grand nombre de termes. Il faut à l’écrivain un soin minutieux et une fine sensibilité de l'oreille pour éviter le retour trop fréquent du son sifflant. Thomson n’y a pas toujours réussi. Les « Saisons » nous offrent assez souvent des vers tels que ceux-ci :
Sound slept the waters ; no sulphurous glooms Swelled in the sky and sent the lightning forth 1.
Cheered by the simple song and soaring lark ?.