‹ James ThomsonChapitre 20 sur 294 · NT · texte numérisé non relu

NT

Il s’était fait une règle de répondre par un refus, et nous le voyons agir de la même façon envers Mallet, envers Thomson etenvers Hill. Celui-ci l’avait prié de lui fournir un prologue pour sa tragédie d’Athelwold et reçut cette réponse :

«€. Tous les poètes mes amis ont reçu ma parole d'honneur que je n’ai jamais consenti à en écrire un; et, cet hiver même Mr. Thomson et Mr. Mallet m’excusent au sujet de leurs tragédies qui vont paraître cette saison-ci ou la prochaine . »

Sans doute une affirmation de Pope n’entraine pas nécessairement notre conviction. Ici même, malgré la netteté de ses dires, nous pouvons constater qu’il ne respecte pas scrupuleusement la vérité. On connait en effet de lui au moins un prologue pour le Cato d’Addison, un autre pour une pièce jouée en 1733 au bénéfice du vieux Dennis, et un épilogue pour la Jane Shore de Rowe. Mais la véracité de Savage est peut-être plus encore sujette à caution, et les circonstances donnent un caractère de vraisemblance au démenti de Pope. Il est extrémement probable que le Prologue fut écrit en entier par Mallet.

Vers le milieu de cette même année 1730, parut enfin le poème complet des « Saisons » *. L'auteur avait achevé la der-

1. « …. Every poetical friend I have has my word I never wouid, and my leave to take the same refusals I made him ill if ever I wrote one for another; and this very winter Mr. Thomson and Mr. Mallet excuse me, whose tregedies either are to appear this season or the next. » (Pope à Hill, 29 sept. 1131.)

La tragédie de Mallet dont il s’agit est Eurydice, jouée en 1731, qui est mentionnée dans la correspondance de Thomson avec Mallet, le 20 sept. 1739. Aaron Hill, qui faisait beaucoup moins de façons que Pope, envoya à l’auteur d'Eurydice un prologue pour sa pièce, avant que celui-ci lui en eût fait la demande. (The Works of Hill, édit. 1754, p. 95.)

Huit ans auparavant, Pope opposait déjà pareil refus aux sollicitations de ses confrères. Fenton, son collaborateur à ses traductions d'Homère, avait cru pouvoir lui demander un service de ce genre, et le grand homme s’excusa en lui disant : « I have actually refused doing it for the Duke of Buckingham's play ». (Lettre de Pope à Fenton, du 18 sept. 1122.)

2. Très probablement au mois de juin, comme nous lapprend cette indi-

| cation : « I have a copy of the 1730 edition with the four bathers. It has

the following interesting entry in the fly-leaf : « Jac‘ Thomson Alex° Pope Dono dedit, mense Junio, 1180. » (C. R. Manning, in Notes and Queries, 4e série, vol. XI, p. 434.) 4

La numérotation de cette édition princeps donne pour l’« Eté » 1205 vers et pour P « Automne » 1215. C'est une erreur de l’impression. Deux vers de Ÿ « Été » ont reçu le nombre 725; et dans l’ « Automne» il n’y a en réalité que 5 vers entre les numéros 10 et 80. (Voir à ce sujet le tableau dressé par

nière partie qui en restât à écrire, | « Automne », et l’avait dédiée en quelques vers incorporés dans l’œuvre, au Très Honorable Arthur Onslow !, le speaker qui avait remplacé sir Spenser Compton. Conformément à l’engagement pris dans les « propositions » par lesquelles il avait sollicité des souscriptions, Thomson avait ajouté à l’œuvre un « Hymne à la gloire de Dieu ». Il avait aussi revu les parties antérieurement publiées, en y faisant des additions importantes *. Les souscripteurs n’avaient pas à se plaindre; ils n’avaient pas trop longtemps attendu, et recevaient pour leur guinée un fort beau volume in-quarto, avec quatre gravures de Kent, contenant, outre les « Saisons » et l’ « Hymne », le « Poème sur Newton », «Britannia » et, en appendice, quatre petites pièces de vers .

Peut-être l’auteur était-il moins satisfait du public; le produit des souscriptions ne devait pas laisser un bénéfice très

Mr. Bolton Corney dans son édition des « Saisons » de 1842, et les communications de MM. F. Cunningham et Cook dans Notes and Queries, 4° série, vol. XI, p. 419 et 530, et vol. XII, p. 58.)

4. C’est, dans les annales du Parlement anglais, le speaker qui a le plus longtemps occupé ces fonctions. Appelé au fauteuil en 1728, il y siégea jusqu’au 18 mars 1161. Les Communes lui votèrent alors d’unanimes remerciements, en priant la Couronne de lui accorder une pension annuelle de 3000 livres.

Les compliments du poète à ce nouveau patron sont heureusement justifiés. Onslow jouissait d’une réputation d'homme d'État intègre, de président impartial, de jurisconsulte savant, et en même temps d'homme de goût, ami des lettres. Young lui a dédié le premier livre de ses Night Thoughts, et Richardson a trouvé en lui un patron zélé.

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