‹ James ThomsonChapitre 203 sur 294 · English Composition and Rhetoric, p · texte numérisé non relu

English Composition and Rhetoric, p

uns et des tentatives incertaines d’un petit nombre, il a revendiqué pour le monde matériel une place au premier rang parmi les objets de l’art et de la poésie.

A cette tâche il a porté d’éminentes qualités d'artiste. Son talent de description le fait l’égal des plus grands parmi les maitres. Sa vision des choses est large et embrasse d'ordinaire l’ensemble des scènes. Mais à ses tableaux de vastes spectacles, se mêlent nombre d'observations de détail, délicates et précises. Il s'attache surtout à peindre les masses; mais ses descriptions révèlent toujours une organisation d’ DEAR et d'artiste singulièremerit riche et souple.

Son interprétation de la nature n'offre pas, il est vrai, l’intensité d’éclat ni le pathétique intérêt qui s'attachent à celles d’autres écrivains. Elle n’est pas dramatique comme celles des nombreux poètes qui voient les choses à travers les émotions et les passions humaines. Elle n’est pas philosophique et profonde comme celle de Wordsworth. Elle n’est pas lyrique et créatrice de vie comme celle de Shelley. Mais elle est la plus complète, la plus sincère et la plus vraie parmi celles qui ont visé seulement à reproduire fidèlement et directement la beauté qui émane des mille aspects du monde sensible.

Pour son œuvre originale il s’est fait une forme à peine moins indépendante du goût alors régnant. Son vers et sa langue ramènent dans la poésie la liberté, l’ampleur et le grand style qui y étaient devenus aussi étrangers que la connaissance du monde matériel. Mais cette forme éloquente et somptueuse reste trop uniformément oratoire, pompeuse et tendue. Les quelques occasions où le ton s'abaisse n’influent pas assez sur l’impression générale. Et sous cette enveloppe trop riche et trop raide risquent de disparaître mille détails gracieux et familiers qu’il en faut dégager pour apprécier justement le génie de l’écrivain.

Par lui-même le fond de l’œuvre reste digne de toute admiration. En dépit des effets nouveaux plus subtils et plus ambitieux que les poètes ont depuis tirés de l’observation des choses, les peintures de Thomson gardent leur beauté pour les lecteurs de toutes les classes. Mais pour rendre justice à Pécrivain il faut un peu de critique et d'histoire; il faut le comparer à ses prédécesseurs et à ses contemporains. Sa langue, pleine de hautes qualités, manque de souplesse et de

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