‹ James ThomsonChapitre 215 sur 294 · And, O, beloved · texte numérisé non relu

And, O, beloved

Of Heaven! whose well purged penetrating eye The mystic veil transpiercing, inly scanned The rising, moving, wide-established frame. »

la théorie des ondes sonores; il s’arrête avec complaisance au prisme magique qui décompose les rayons lumineux, et, avec un enthousiasme et une joie d’artiste, caractérise chacune des couleurs *. — Newton a aussi rendu des services à la chronologie, et le poète nous rappelle que lillustre astronome a «remonté cet irrésistible cours du temps qui emporte toutes « choses à l’océan sans bornes de l’éternité,.… et qu’il y a, de « distance en distance, élevé ses lumières pour guider l’histo- «rien, égaré dans les ténébres de ce voyage ? ».

Enfin le panégyriste rappelle les vertus du savant : sa piété, sa sérénité, sa modestie, sa bonté. Il voit dans l'existence d’une telle âme la meilleure réfutation que l’on puisse opposer au matérialisme. Il termine en espérant que l'esprit du grand homme continuera à instruire et à corriger sa patrie, à inspirer ses jeunes hommes « tandis que sa poussière sacrée dort € avec ses rois et double la noblesse du lieu où ils reposent ? ».

Jamais la langue de Thomson n’est meilleure que dans ce court poème. Rien qui ressemble moins au catalogue abstrait des travaux d’un homme de science. Moins abondantes sans doute que dans les « Saisons », les heureuses créations de termes, les groupements expressifs de mots, les trouvailles fortunées du style s’y rencontrent assez souvent. Sans recherche artificielle et sans effort pénible, les notations d'effets pittoresques de lumière et de couleur semblent tout naturellement amenées par le sujet : «the pale shadowy light ofthe moon » ‘ — Ca yellow waste of idle sands 5 » — « he took his ardent flight — Through, the blue infinite © » — « the clear concave of a winter ’s night? » — « To the forehead of our evening sky — Returned the blazing wonder 8 ». Mais le mérite dominant de tout le morceau c’est la simplicité élégante et ferme du langage. À peine est-elle interrompue par un ou deux passages de ton lyrique et un peu déclamatoire. Partout ailleurs l’enthousiasme du poète s'exprime en une langue sobre, sans rien de cette boursouflure que l’on reproche

1. Très différente est l'attitude d’autres poètes en face des analyses de la science. Mr. Shairp cite ce fragment d’une lettre de Haydon à Wordsworth (1842) : « Don’t you remember Keats proposing « Confusion to the memory of Newton », because he destroyed the poetry of the rainbow by reducing it to a prism. »

parfois au langage des « Saisons ». Il y a là tout à la fois, par une heureuse et rare combinaison, la netteté d'exposition d’une langue scientifique, la chaleur et l’éclat d’une haute poésie.

Le poème à la mémoire de Newton mérite donc d’être rangé au nombre des œuvres où la poésie s’est mise avec le plus de bonheur au service de la science. Voltaire ne pouvait choisir un meilleur modèle pour une entreprise analogue, et sa lettre à Mme du Châtelet est tantôt une imitalion, tantôt une traduction du poème de Thomson.

A Poem to the memory of the Right Honorable The Lord Talbot, Late Chancellor of Great Britain.

Le poème que la mort du Lord Chancelier Talbot inspirait en 1737 à Thomson devrait avoir une haute valeur si la sincérité d’une reconnaissance émue et d’une profonde douleur pouvait garantir la beauté de la forme. — Ici encore le poète conserve le vers blanc dont il avait fait dans son grand poème un si magistral emploi. Plusieurs passages de cette longue pièce de quatre cents vers rappellent bien le style de l’auteur des «Saisons » avec son ampleur oratoire et l'intensité de sentiment qui meut et soutient sa période. Mais aussi d’autres pages sentent l’effort d’une tâche poursuivie avec plus de résolution que d'inspiration. — Le poète se propose de passer en revue les divers aspects du caractère de son noble patron, autant qu'il est possible, comme il le dit, « de distinguer dans le diamant « chacun de ces rayons qui, bien qu’ils jettent mille feux trem- &blants, répandent cependant une lumière étincelante dans «son unité ! ».

je « How from the diamond single out each ray, That, though they tremble with ten thousand lines, Effuse one poignant undivided light?» (11-13.) Thomson ici tire parti d’une comparaison déjà employée dans sa courte pièce sur Aikman :

« View’d round and round, as lucid diamonds throw Still as you turn them, a revolving glow, So did his mind reflect with secret ray, In various virtues, Heaven’s internal day. »

Et alors, après avoir célébré de façon générale les beaux traits du caractère de son personnage, il croit devoir louer tour à tour Talbot avocat, Talbot magistrat, Talbot membre du parlement, Talbot ministre, Talbot patron des arts et des lettres, Talbot homme privé, sans négliger de donner un souvenir à la table hospitalière du chancelier. Pour couronner le tout, une vision un peu inattendue montre au poète Talbot au ciel recevant la récompense de ses vertus. — À bien des moments le pieux enthousiasme du panégyriste faiblit; les détails au moyen desquels le haut mérite du défunt est établi ne soutiennent pas toujours la chaleur et la verve de l’écrivain. Son vers blanc, à la coupe très libre, devient alors facilement lourd ou prosaïque. Il semble que le poête en ait luimême conscience et s'efforce de relever l’allure languissante de son poème en y ajoutant l’attrait de digressions propres à stimuler l'attention. Il donne donc une fois de plus expression à ses sentiments de gallophobie (84-86); ou bien il développe des comparaisons étudiées et trop ingénieuses, comme celle où il met en lumière la différence qui distingue les diverses méthodes d'encouragement des lettres :

« Cette onde bienfaisante, sous laquelle s’'épanouit le monde « des lettres, ce n’est pas le don bruyant d’un midi estival, dont « le flot subit enlève aux racines mises à nu le peu de terre qui «s'y trouvait encore, et ne fait qu’achever la ruine des fleurs « rougissantes ; non, c’est la rosée qui descend doucement le « soir, trésor silencieux des printemps, qui, pendant toute la « durée de la nuit, livre abondamment ses richesses; jusqu’à « ce que, lorsque revient le matin, le monde rafraichi soit tout « parfum, beauté, joie, et chansons *. »

A ces jolies choses on préférerait quelques vers venus du cœur, au moment, par exemple, où, pleurant officiellement la mort du chancelier il se trouve mentionner le jeune Talbot, son élève, son compagnon, son ami si tôt enlevé. «Cest le meilleur des fils! le meilleur des amis ? », dit Thomson, — etil ne s'arrête pas davantage.

Les vers qui terminent le poème en sont une des meilleures parties. Il y a sans doute beaucoup de rhétorique dans cette apostrophe à Talbot défunt. Mais par le nombre à la fois noble,

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