SainrsBurY, Elizabelhan Lileralure, p
5. Les souvenirs de Spenser sont nombreux dans les Early Poems. Le: fragment «sur la Passion » est écrit en strophes de sept vers dont le dernier est un alexandrin. -
6. Ce n’est pas de quoi expliquer les craintes de l’auteur qui s'excuse: de présenter à ses lectrices sa Muse en un costume démodé.
est comme chez Spenser composée de pentamètres suivis d’un alexandrin final, mais elle comprend dix vers au lieu de neuf, et cinq rimes au lieu de trois. Cest assez dire que si Prior à goûté la grâce et la splendeur poétique de Spenser, il a mal compris la nature et mal apprécié la valeur de l'instrument dont s'était servi le maitre.
Une autre preuve de la faveur dont Spenser continuait à jouir auprès de quelques-uns, au début du xvine siècle, c’est la publication faite en 1705 d’une édition de ses œuvres ‘. Bientôt après, des imitations se produisent plus fidèles que celles qu'avait vues le xvrr° siècle. En 1736, c’est Gilbert West avec son poème « Sur l’abus des voyages », et plus tard avec Education, a Poem written in imitation of the style and manners-of Spenser’s Fairy Queen. Ces deux ouvrages reproduisent exactement la strophe du maître ?. Le résultat n’est pas très heureux. C’est sans doute parce que les sujets se prêtaient mal à l’usage de cette forme; c’est surtout que l’auteur avait plus de bonne volonté que de chaleur d'imagination et de puissance poétique.
D'une valeur très supérieure est le poème de trente-cinq strophes que Shenstone publie en 1742. « La Maîtresse d'école » ne vise pas à prendre rang parmi les productions des poètes de haut vol. Mais les quelques formes de langage vieilli que l’auteur imite de Spenser, donnent à l’œuvre quelque chose d’adouci et de naïf. Les teintes un peu fanées du style s’accordent bien avec l'héroïne qui nous est montrée en bonnet blanc, en tablier bleu et en robe de bure. Et de la somptueuse parure de la strophe spensérienne Shenstone tire, non sans agrément, un effet de contraste avec la modestie du sujet.
Faut-il voir dans les poèmes de Gilbert Westet de Shenstone les exemples qui auraient décidé Thomson à tenter la même voie? Il suffit de nous rappeler que « le Château d'Indolence » avait été commencé vers 1735, peut-être même plus tôt. Il est vraisemblable que West et Shenstone ont eu connnaissance du travail de Thomson, et peut-être reçu communication des fragments à mesure qu’ils étaient achevés. C'est sans doute
4. Trois volumes chez Tonson. Une autre édition sera publiée trente
ans plus tard par John Hughes.
2. L’effort est méritoire, car les poèmes avaient une certaine étendue le premier comptait 522 vers et le second 828.
l'exemple du « Château » qui les a engagés à rechercher un langage poétique autre que celui de Pope, une forme plus souple et plus ample, un art plus curieux et plus riche *. Rappelonsnous que de même l’apparition de | « Hiver » fut suivie de la publication par plusieurs jeunes poètes d’œuvres descriptives en vers blancs.
L'auteur des « Saisons », disciple fervent de Milton, du Milton du « Paradis Perdu », partageait l’opinion de son maître sur la valeur de la poésie rimée. Nous yoyons que, sur ce point, ses vues se sont entièrement transformées. Le contraste à cet égard entre les deux écrivains est curieux à observer. Milton écrit ses premières œuvres en vers rimés. Il recherche les rythmes variés. Une strophe à trois rimes imitée de Spenser et le sonnet sous ses formes les plus difficiles l’attirent et le retiennent. Mais quand, après une longue interruption, il revient à la poésie, il n’a plus que dédain pour la brillante parure des vers de sa jeunesse. « C’est l’invention « d’un âge barbare pour rehausser une substance misérable et «un rythme boiteux », c’est &« un agrément oiseux et sans véritable charme musical ? ». — Thomson au contraire à débuté par des vers non rimés. Il s’est ainsi séparé avec éclat de toute lécole contemporaine. Mais après avoir ouvert une voie où nombre d'écrivains le suiventbientôt, l’initiateur renonce luimême à la doctrine dont il a assuré le triomphe. Le poète qui jadis avait remis en honneur le vers blanc fait alors revivre la plus riche des formes qui aient jamais servi à des œuvres poétiques de longue haleine.
1. Le succès du « Château » n'était pas pour détourner les écrivains de ces tentatives, et les poèmes « dans la manière de Spenser » abondent désormais au point d’échauffer la bile de Johnson. Rappelons, parmi les plus importants, The Progress of Envy, de Roserr Lioyp, en 4751 (30 strophes de neuf vers dont un alexandrin; système des rimes : ABABCDCDD); The Minstrel, de J.- Beatnis, {7e partie en 1171, reproduit fidèlement la
tance spensérienne. Il en est de même de The Concubine, par:
W. J. Micxce, 1766 (?) 2, Avertissement en tête du « Paradis Perdu ».