‹ James ThomsonChapitre 38 sur 294 · Voir p. 81, n · texte numérisé non relu

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3. « Lam whipping and spurring to finish a tragedy for you this winter, but am slill at some distance from the goal, which makes me fear being distanced. » (Lettre à Ross, du 6 nov. 4136.) Les derniers mots cités font allusion aux tragédies en projet de Hill et de Mallet. ;

terminée; nous verrons qu’elle n’en fut pas pour cela plus tôt jouée.

Cette même lettre à Ross nous montre Thomson s’occupant avec sollicitude du sort de deux de ses sœurs, Jean et Élizabeth. Elles reçoivent à Édimbourg l’hospitalité du Révérend Mr. Gusthart, et veulent s’assurer un gagne-pain. On leur à conseillé de s'établir comme modistes. Les dames d’Édimbourg ne se contentent plus, paraît-il, de draper sur leur tête le plaid national que Thomson jeune homme admirait si vivement’. En dépit de l'opposition des conservateurs et de celle des poètes ?, on les voit de plus en plus adopter les coiffures en vogue à Londres ou à Paris. Déjà la ville écossaise comptait une modiste depuis 1720; le moment semble être bien choisi pour fonder une nouvelle maison de ce genre. Thomson approuve le projet. Le grave auteur des « Saisons » et de « la Liberté » a pu acquérir quelque savoir et quelque goût en pareille matière, s’il est vrai, comme nous le dit Mrs. Piozzi, qu’il ait habité audessus d’une modiste de Bond Street *. Il ne se contente pas de conseils, mais prie son ami d'avancer à ses sœurs douze livres sterling, et se propose de leur envoyer lui-même de temps en temps des marchandises. Trois mois plus tard il s'adresse, pour lui servir de banquier, à Mr. Gavin Halmiton, et le prie

1. « The milliner’s business was hardly known in Scotland before the beginning of this century; in 1153 there wére only five or six in Edimburgh, only one in 1720, says a Lady Sarah Bruce. »

« Every lady in an undress wore a plaid when she went abroad, sometimes of colour, scarlet, crimson, etc., more commonly tartan ; some were silk, others woollen lined with silk, somme plain worsted. » (H. ARNOT, . History of Edinburgh, vol. IL, p. 86.)

2. Allan Ramsay, dans ses poèmes, proteste contre les tentatives faites pour substituer au plaid une écharpe.

Thomson lui-même voyait dans le tartan une des séductions des femmes d'Ecosse.

« Nought gives our sex such terrible alarms, As when the hoop and tartan both combine To make a virgin like a goddess shine »,

dit-il dans une de ses poésies de jeunesse, « On the Hoop », et quand, dans une autre pièce, il peint la déesse de la beauté, il nous montre que

« Around her shoulders, dangling on her throne, A bright Tartana carelessly was thrown, Which has already won immortal praise, Most sweetly sung in Allan Ramsay’s lays. » E

, (On Beauty.) 3. Voir p. 113, n. 2.

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de payer à Jean et à Élizabeth moitié des seize livres qu’il a l'intention de leur allouer chaque année t.

À ce moment, « Agamemnon », reçu à Drury-Lane, et soumis à la censure du Lord-Chambellan avant le 12 janvier 1737, est prêt pour la représentation. L’auteur espère voir jouer sa pièce dans moins de trois semaines, et s'occupe de la publication du texte, qu’il songe à faire imprimer à son propre compte *. Mais des difficultés soulevées par le directeur du théâtre devaient retarder la représentation de plus d’une année. Et à ce même moment, qu'il pensait devoir être celui d’un succès littéraire accompagné de fructueux bénéfices, un malheur imprévu vint le frapper à la fois dans ses intérêts et dans sa reconnaissante affection. Le lord chancelier Talbot mourut le 11 février. Thomson perdait, en même temps qu’un ami et un patron généreux, la position qui lui assurait une modeste aisance. — Le nouveau chancelier, lord Hardwicke, laissa, dit-on, la place vacante pendant quelque temps, attendant que l’ancien titulaire la demandât. Le poête ne fit pas cette démarche, et la sinécure fut attribuée à un autre bénéficiaire. Murdoch explique cette réserve ou cette inertie de Thomson par le découragement où l’avait mis la mort de Talbot, et par une grande insouciance des intérêts matériels *. Il ajoute

1. Ces deux sœurs du poète se sont plus tard mariées. Jean épousa Mr. Thomson qui dirigea une école à Lanarck. Elle survécut bien des années à son frère et c’est elle qui en 1718 Loan à Boswell des renseignements sur la vie de James.

Elizabeth (la Lizzy des pièces juvéniles) semble avoir été celle de ses sœurs que le poète préférait. Elle épousa le Rev. Robert Bell, ministre du Strathaven, et eut deux fils, le Dr. James Bell, qui devint ministre de Coldstream, et Thomas Bell qui fut négociant à la Jamaïque. Elle mourut un an ou deux avant Thomson.

Thomson avait encore une troisième sœur, Mary, que nous retrouverons un peu plus tard.

2. Ces renseignements nous sont fournis par une lettre à Ross du 12 janvier 1737 et une autre à Mr. Gavin Hamilton, de février. La première est d’un ton particulièrement enjoué. Thomson y invite à venir à Londres cet hiver son ami que menace, paraît-il, la terrible institution du « Creepy ». C’est cet escabeau de pénitence où les pécheurs atteints des sévérités de la « kirk-session » faisaient amende honorable de leur faute et recevaient l’admonestation publique du ministre et des elders. « What will become of you, if you don't come up? I am afraid the Creepy and you will become acquainted... » (Mr. Angellier a donné d’abondants détails sur cette institution discrobuaire de a société presbytérienne d'Écosse, dans son beau travail sur Burns, voir p. 82.)

3. « Thomson », dit Brugière de Barante, « parlait souvent du projet

que cette négligence fut vivement blâmée par tous les amis de James. Johnson cherche l’explication de cette conduite soit dans la timidité du poète, soit dans son orgueil, soit dans « quelque autre motif aussi peu louable peut-être », sans expliquer plus clairement ce qu’il veut faire entendre. Quant à Buchan et aux admirateurs qui se sont donné mission de défendre en toute circonstance la mémoire du poète écossais, ils louent le sentiment de légitime fierté auquel il obéit ici ‘. — Nous savons, par la lettre à Cranstoun du 7 août 1735 ?, que cette place Thomson avait été menacé de la perdre aussitôt après l’avoir occupée. L'enquête faite pendant qu'il était titulaire avait dû établir nettement que les droits de justice sur lesquels le « Secrétaire des Brefs » prélevait ses honoraires pouvaient aisément être diminués ou supprimés. Il lui était donc plus difficile qu'à un autre de prendre le rôle de postulant pour cet office à moitié condamné. D'ailleurs, la sinécure qui lui assurait un revenu de trois cents livres était, à son jugement, le légitime salaire d’un talent reconnu qui avait illustré le pays. Il n'avait rien fait pour démériter. Il pouvait donc s'attendre à ce qu’on le maintint en possession de la place sans qu’il eût à la demander *. Une intéressante pièce de vers insérée dans le Gentleman’s Magazine en décembre 1736 nous montre que les amis de Thomson le croyaient fort capable de renoncer à une place lucrative, par un sentiment d'honnête fierté. Elle contient clairement une allusion à une offre faite et noblement refusée :

€ Oui, Slaughter, dans ces traits je vois une âme, —

qu’il avait de se peindre dans un conte oriental qu'il aurait intitulé : L'Homme qui aime la pauvreté. » (Vie de Thomson.) Le renseignement est emprunté à Johnson.

1. Buchan déborde d’indignation toutes les fois qu’il parle de Johnson. « The memory of Thomson has been prophanely touched by the rude hands of the pedantic Samuel Johnson, whose fame and reputation indicates the decline of taste in this country. » Plus loin il parle de « that vulgar malevolence which gives a race to the works of the savage biographer ». (Eulogy of Thomson delivered.…. on Ednam Hill... on the 52" of September 1791.)

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