‹ James ThomsonChapitre 4 sur 294 · A RES SR · texte numérisé non relu

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4. « Il ne faut disséquer que les morts. Cette manière de chercher à ouvrir le cerveau d’un vivant est fausse et mauvaise. Dieu seul et le poète - savent comment naît et se forme la pensée. Les hommes ne peuvent ouvrir ce fruit divin et y chercher l’amande. » (A. pe Vicxy, Journal d'un - poète, p. 80, 1833.) j . 2. « The proper study of mankind is man. » (Pope, An do on Man Fe 11,22)

un essai de reconstitution de la vie de Thomson. Cet écrivain, dont l'influence sur notre littérature a été très directe et très puissante, n’a fait l’objet dans notre langue que de deux essais biographiques très courts et très imparfaits !. Les « Memoirs » anglais sont au contraire nombreux. On ne peut pas dire - qu'aucun d'eux mérite de prendre rang dans le voisinage de ces biographies remarquables qui sont une des originalités et un des honneurs des lettres anglaises ?. La plupart reproduisent, sans les contrôler, des anecdotes suspectes qui sont le = plus clair des souvenirs attachés dans l’esprit du public à la

= 1. Chefs d'œuvre des théâtres étrangers : Théâtre anglais, t. X : Vie de Thomson, par P.-B. (Brugière de Barante). — Biographie universelle de Micuaun : Vie de Thomson, par W...r (Walkenaër).

2. Les principales biographies anglaises de notre poète sont : 2e 1° Celle de Sares (Cibber’s Lives of the Poets, Londres, 1753). Cette vie est, = en novembre de la même année, reproduite dans la Monthly Review, vol. IX, > Appendix, p. 481.

Lee 2° Celle de Muroocu, en têle de l’édition des OEuvres, de 1762. == 3e Celle de $S. Jonnsox (Lives of the Poets), 1181. Ces trois auteurs ont ee directement connu le poète. Johnson a eu avec lui peu de relations; mais il a reçu des renseignements d'amis intimes de Thomson. 4° Celle de G. Wriçar, en tête d’une édition des « Saisons », Londres, 1770. 5° Une biographie anonyme en tête d’une édition des OEuvres publiée par Clark à Edimbourg en 11172. Elle ajoute peu de chose à la biographie de Murdoch.

6° Un Essai de ERSKkINE, EARL OF BucuaAn (On the Lives of Klelcher of Saltoun, and of thepoet Thomson), 1792.

: 7° Celle de RoBerr HERoN, en tête d’une édition des « Saisons » publiée à P#-rPerthren 1193.

= - 8° Celle de Srocxpace, en tête d’une édition des « Saisons », Londres, 1193. C’est à peu près la reproduction de la biographie de Murdoch. ___ Arrivant au xIx° siècle, nous trouvons : à - 9° La vie de Thomson dans la collection des poètes d’ANDERSON. . 40° Celle du Rev. Rogert Lunnte, de Kelso, en 1830. 11° Une biographie, plus étendue qu'aucune des précédentes, de Sir Harris Nicoras, en tête de l'édition des OEuvres (Aldine Edition), 1831; cette bio- graphie est encore augmentée dans l'édition de 18417. Mr. Peter Cunningham y ajoute en 1862 des notes importantes.

129 D'importantes notes d’ALLAN CUNNINGHAM à la biographie de Murdoch, 43° En-tête de l'édition illustrée des « Saisons »,1842, la biographie de Mur- - doch avec des notes de Bouton Corney aussi précieuses qu’une biographie nouvelle.

- 41%° En tête d’une édition des OEuvres complètes, la biographie de Mur- doch avec des notes très copieuses de Nicaozs, Londres, 1849. 45° Celle de Rosert Bex, en tête des OEuvres, Londres, 1855. 46° La notice biographique de J. Locre Rogerrsow, en tête d’une remarquable édition des « Saisons » et du « Château » (Clarendon Press Series),

vie de Thomson. Aucun d’eux ne nous laisse une idée un peu nette de ce que fut l’homme; ou bien de son caractère et de son intelligence ils ont reproduit seulement quelques traits accidentels, et, les exagérant grossièrement, ils nous ont donné de leur personnage une caricature plutôt qu’un portrait. Peut-être faut-il attribuer à cette insuffisance des biographies une ignorance des faits littéraires de la vie de Thomson assez souvent apparente chez les critiques anglais, et qui fait contraste avec la sûreté de leurs informations en ce qui concerne d’autres grands écrivains du xvirr° siècle, Swift, par exemple, ou Pope, Young, Gray, Johnson ou Cowper ‘. Nous voudrions donc, en nous aidant des travaux accumulés jusqu’à ce jour, essayer de faire revivre la figure peu ou mal connue de Thomson. Le récit de cette vie très simple évoquera devant nous quelques scènes de la société littéraire et politique d’un passé très atta-

chant, le deuxième quart du xvrrr° siècle. A tout le moins, à

défaut des péripéties émouvantes qui donnent un intérêt dramatique à la biographie de quelques grands artistes, elle nous fournira le spectacle profondément sympathique d’une âme d'élite chez laquelle la conscience de sa valeur et la joie du

succès n’ont jamais altéré la modestie, la bonté ni la droiture

natives.

1. Nous aurons occasion de relever plusieurs de ces erreurs. Nous nous contenterons ici, pour justifier notre assertion, d’en signaler une seule. Un des plus justement estimés parmi les modernes historiens de la littérature anglaise, M. Ed. Gosse, a donné récemment à la collection des English Men of Letters, une biographie de Gray. On y peut lire (p. 50 et 51) ces lignes : « When Gray began seriously to write, in 1742... Thomson... had practically retreated already upon his laurels, and was presently to die, without again addressing the public except in the luckless tragedy of Sophonisba, bequeathing however to posterity the treasures of his Castle of Indolence ».

Pas un renseignement de ce passage qui ne soit erroné.

1° Thomson ne s’est pas retiré sur ses lauriers en 1742, puisqu'il écrit ultérieurement deux tragédies : Tancred and Sigismunda, et Coriolanus, et un important poème : The Castle of Indolence.

; à La tragédie de Sophonisba, au lieu d’être postérieure à 1142, est de

30 The Castle of Indolence n’est nullement une publication posthume. Il parut plus de trois mois avant la mort du poète.

Les efforts que l’on peut faire pour remonter le cours des générations, dans la ligne des ancêtres paternels de notre auteur, sont très vite arrêtés. Nous connaissons un peu son père, nous savons quelles furent la condition sociale et la résidence de son grand-père, et là se borne notre savoir. Dans l’ombre qui nous cache au delà tout le passé, à peine croyonsnous apercevoir quelques vagues silhouettes. Peut-être même n’ont-elles d’autre réalité que celle que leur prête notre imagination. Leigh Hunt a relevé, dans un poème macaronique de Drummond de Hawthornden, le nom d’un certain Jamy Tomsonus parmi les combattants d’une lutte rustique, et il se demande si ce n’est pas là un ancêtre du poète ‘. Nous-même avons noté, dans une production bien ignorée ? d’un homme qui s’est trouvé en contact avec le père de James, la mention de trois frères du nom de Thomson. Ils servaient dans l’armée presbytérienne, et furent faits prisonniers à la bataille de Bothwell-Bridge, 1679. Peut-être tenaient-ils de près à cet autre Thomson dont le zèle religieux devait se manifester d’une manière différente, et qui fournit un pieux ministre à cette même Église que les trois frères avaient servie les armes à la main.

Les biographes ne sont pas mieux informés au sujet des ancêtres maternels du poète. Mais ici nous avons la satisfaction de pouvoir compléter les brèves indications fournies jusqu’à ce jour. Le Révérend J. Mair, ministre de la paroisse de Southdean, avait eu l’obligeance de nous fournir copie d’une lettre adressée en 1874 à lord Home par miss Elizabeth - Bell, petite-nièce et dernière survivante de la famille de Thomson. La vénérable demoiselle — elle avait alors quatrevingt-neuf ans — annonçait à son correspondant l'envoi de la tabatière authentique du poète, et, dans ce coffret original, un fabieau généalogique dressé par elle et qui prouve la

1. Le poème a pour titre Polemo-Middinia. — Noir Leica Hunr, On Wit and Humour, p. 51.

2. Kirkwoon, The History of the Twenty-Seven Gods of Linlithgow, p. 9.

parenté de Thomson avec la famille des Home. Le Révérend J. Mair a bien voulu se charger de demander communication de cet intéressent document. Le présent lord Home ignorait l’existence de la tabatière et de son contenu. Mais les recherches qu’il à ordonnées ont fait retrouver les deux objets, et nous pouvons considérer comme sérieusement établie la découverte de miss Elizabeth Bell ‘. La mère du poète appartenait à la famille des Home; Thomson avait dans les veines quelques gouttes du sang de la plus haute noblesse écossaise. Plusieurs détails de sa biographie sont expliqués par cette parenté. Elle établit aussi un lien entre notre poète et ce John Home dont la tragédie de Douglas eut, au milieu du XvirI° siècle, son heure d’éclatante célébrité.

Nous savons que le grand-père du poète ? était jardinier au service d’un Mr. Edmonston * à Ednam, ou Ednim, dans le comté de Roxburgh. Il n’est pas sans intérêt de noter ce

1. Voici la généalogie établie par miss Bell grâce à Tytler et à d’autres historiens, grâce au Peerage de Douglas, et grâce aussi à des sources d’informations qu’elle seule pouvait avoir :

Sir John Home of Coldingknows (fourth in descent from the first Baron Home, 1473)

Sir James Home William Home | (of Battendean) |

John Home Margaret. Home (married Mr. Trotter of Fogo, author of the song Polwarth on the Green)

Sir James Home

Beatrix Trotter (married Rev. Mr. Thomson, minister of Ednam} Sir James Home (who succeeded his cousin as third | earl of Home in 1635)

James Thomson Lizzie Thomson THE POET (married Rev. Rob. Bell)

Rev. James Bell

Miss Elizabethé DOS

2. Son prénom était probablement Andrew. Le second fils de Thomas Thomson reçut le nom d'Alexander, qui était celui de son grand-père maternel. Andrew, le nom du fils aîné, était sans doute celui du grandpère paternel. : Re —

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