Voir plus loin, p. 128, n
. « Our bard, to modern epilogue a foe, Thinks such mean mirth but deadens generous woe. »
Ainsi commence le deuxième épilogue. On reconnaît ici les idées familières à Thomson et à Hill, idées auxquelles l’influence de Voltaire n’est sans doute pas étrangère. La nouvelle école tragique, se fondant sur l’exemple de la scène francaise, avait, depuis Addison jusqu'à Thomson et Young, chassé le comique du drame tragique. C'était par une conséquence toute naturelle des mêmes idées, que l’auteur d’Agamemnon voulait le faire disparaitre aussi de ces appendices que l'usaze ajoutait aux tragédies. « On sait, dit Lessing, combien Thomson s’est révollé contre cet usage
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Dès avant la représentation d’Agamemnon, Thomson avait sur le métier une nouvelle tragédie. Le sujet lui en avait été proposé par Mrs. Sandys, l’amie de Rundle. Il en avait arrêté toute la division en actes et en scènes, mais en avait remis à plus tard ! l’achèvement. C'était ce même drame d’ « Édouard et Éléonore » dont Pope parle dans une lettre à Hill, du 8 décembre 1738 ?. Deux actes seulement en étaient écrits à ce moment. Une autre lettre de Pope, à la date du 12 février 1739, nous apprend que la pièce est complétée; mais que le poète, mécontent des procédés du directeur de Drury-Lane, s’est décidé à porter sa tragédie à Covent-Garden. Les rôles de femmes y trouveraient de meilleures interprètes, et c’est d’elles que dépendra le succès de la pièce *.
En attendant la représentation et la publication d’ « Édouard », les annonces des éditeurs mentionnent, pendant cette année 1738, quelques autres publications portant le nom de Thomson. Le 6 juin, Woodfall achevait d'imprimer pour Millar une édi-
de secouer les grelots de la folie derrière les pas de Melpomène. » (Dramaturgie de Hambourg, traduct. de Suckau, p. 38.)
Sur les opinions exprimées par Lessing sur Voltaire et sur Thomson, voir à la fin de cet ouvrage, Appendice I.
4. « My friend Thomson, the poet, is bringing another untoward heroine on the stage, and has deferred writing on the subject you chose for him, though he had the whole scheme drawn into acts and scenes..… His present story is Agamemnon.... Perhaps the delicacy of the subject, and the judgment required in saying bold truths, whose boldness should not make them degenerate into offensiveness, deterred him... » (Rundle à Mrs. Sandys, lettre XXVII, p. 189.)
2. « I have been confirmed by Mr. Thomson as to the retardment of his play, of which he has written but two acts... » — Hill écrivait à Mallet le 9 décembre : « …. Having heard that neither yours nor Mr. Thomson’s were expected to be ready till toward the end of the season, [ proposed that Cæsar should be brought on in January. » (His Works, vol. IL, p. 56.)
3. « Mr. Thomson, after many shameful tricks from the manager, is determined to act his play at the other theatre where the rl lies as to the women, and the success of his will depend upon them... » (Pope à Hill.)
Et de même Hill, dans sa réponse : « If Mr. Thomson’s new Tragedy is to depend on his women performers, he has certainly judged well in his choice of the Covent-Garden theatre. » (Hizr’s Works, vol. Il, p. 67.)
Sir Harris Nicholas rapporte la mention des lettres de Pope à la tragédie
tion des Œuvres ! qui ajoute au contenu de l’édition de 1736 la tragédie d’ « Agamemnon ». C’est du reste la seule différence. Le nombre de vers des «Saisons » reste le même que dans les éditions de 1730 ?.
Millar publiait encore cette année une édition de l’ « Areopagitica » de Milton, avec une préface de six pages, d’un autre auteur *. Cet autre auteur était Thomson “. Il dut éprouver une vive satisfaction à s'associer ainsi à l'hommage rendu au grand Milton, le maître à l’école duquel s’est formé son génie, et léloquent avocat de ces doctrines libérales auxquelles l’auteur de Liberty était profondément dévoué.
On a relevé dans les correspondances de quelques hommes de lettres de cette époque deux mentions de Thomson qui nous apportent quelques renseignements sur ses amitiés, sur ses occupations, sur son genre de vie. Cave, le directeur du Gentlemans Magazine, envoyait le 12 août 1738 ce court billet au Dr. Birch * : «Le jour fixé reste mardi. Je crois que nous visi-
d'Agamemnon (Biographie de lAldine edition). C’est une inadvertance assez singulière, puisque les dates qu’il cite lui-même les placent plusieurs mois après la représentation de cette tragédie.
1. Le format est in-8 comme celui de la 2° édit. (1730), et celui du 2° vol., qui forme l'édition de 1136. De l'édition de 1138, Woodfall imprima 4 000 exemplaires du premier volume, et 1 500 du deuxième.
2. Dans ces deux éditions la seule différence porte sur une addition de 6 vers que, dans l’ « Hiver », l'édition in-8 ajoute au texte de l’in-4. C’est le chiffre de l’in-8, 787, que donne pour cette « saison » l’édition de 1738.
3. « Areopagitica, a Speech of Mr. John Milton, for the liberty of unlicens’d Printing, to the Parliament of England. First published in the year 1644. With a Preface by another Hand. »
Tous les biographes qui mentionnent1cette publication : sir Harris Nicholas, Rob. Bell, Mr. Logie Robertson la rapportent à l’année 1740. C'est une erreur, comme le prouve le titre de la brochure. Voir notre bibliographie.
4. Nous ne voyons pas que Thomson l'ait reconnu de son vivant, mais cette attribution, outre les preuves intrinsèques, est établie par le titre suivant d’une publication postérieure :
« Substance of the speech of the Rev. Mr. Walker, at the general Meeting of the County of Nottingham held at Mansfeld on Monday the 28 of February 4780, to which is added Mr. Thomson’s Preface to a speech of Mr. John Milton, for the liberty of unlicensed printing, etc. »
« Printed and distributed gratis by the Society for Constitutional information. MDCCLXXX. »
5. Cave était le fils d’un savetier. Il devint libraire, et célèbre pour deux raisons. Il a créé le Gentleman’s Magazine, et il fut à la fois l'éditeur de
Johnson et son ami, comme Millar l'était de Thomson.
Thomas Birch, d’une famille de quakers, devint ministre anglican. Il assistait Cave dans la publication du Gentleman’s Magazine; il a laissé de
« terons Claremont, et que nous reviendrons diner à Richmond. « Ferais-je bien de prévenir Mr. Thomson que nous serons à « telle auberge de Richmond vers midi, son heure habituelle de « lever?!» Notre poète, en effet, s’est de plus en plus abandonné à une indolence qu’il décorait volontiers du nom de rêverie philosophique ou poétique. Il est devenu physiquement et moralement très différent du jeune Écossais énergique et dur à la fatigue que nous avons connu. La note de Cave s'ajoute à l’anecdote de la perruque pour constater cet alourdissement. Rien de plus significatif à cet égard qu’une comparaison des deux portraits de l'édition de 1762. Le Thomson qu'a peint Aikman en 1795, jeune, bien découplé, de physionomie éveillée et d’agréable visage se retrouve à peine dans les traits épaissis de ce personnage à double menton que représente le portrait de Kent; les yeux seuls y rappellent le Thomson des jeunes années. La paix et le loisir de Richmond et les grasses matinées n’ont pas peu contribué à cette transformation.
Le moissuivant Richard Savage écrivait à ce même Dr. Birch: « J'espère que vous ne vous désappointerez pas. Le Dr. Arms- € trong, Mr. Thomson et moi devons être de la partie ?. » Il
nombreux ouvrages de littérature et d’histoire, et fut, de 1752 à 1765, secrétaire de la Société Royale. C’est de lui que Johnson disait : « He has more: anecdotes than any man », mais dont le grand critique appréciait moins les écrits : « Tom Birch is as brisk as a bee in conversation, but no sooner does he take a pen in his hand, than it becomes a torpedo to him and benumbs all his faculties ». (BosweLL’s Johnson, chap. 1v, année 1743.)
L'opinion d'Horace Walpole était encore plus sévère : « À worthy good, natured soul, full of industry and activity, and running about like a young dog in quest of anything new or old, and with no parts, taste or judgment »..
De nombreuses lettres échangées par lui avec divers personnages figurent dans les Anecdotes Littéraires de Nichols, vol. I, p. 585, 637, — II, 507, — III, 258, — V, 40, 43, 53, 282, 290.
4. « We still agree on Tuesday, and I think we shall see Claremont..… and then come to dine to Richmond. Had I best send Mr. Thomson word that we shall be at such an inn at Richmond by noon, his hour of rising? »
Cette information de Cave est confirmée par Robertson, voisin et ami de notre poète, dans sa conversation avec Mr. Park : « I hear he kept very late hours?» — « No, sir — very early. He was always up at sunrise, but then he had never been in bed. » — On comprend alors que Cave et ses autres visiteurs pussent le trouver au lil à midi.
2.:« .…. I beg you will not disappoint us. Dr. Armstrong and Mr. Thomson and myself will be of the party... » (Lettre de Savage au Dr. Birch, septembre 1738.) Elle est cilée par P. Cunningham, Percy Society, vol. IX. Poem to the Memory of Congreve; elle est par lui extraite des volumineux
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s'agissait d'aller à Chiswick visiter la maison et les jardins du, comte de Burlington.
Tel qu'il était, en dépit de cette nonchalance qui s’aggrave chaque jour, notre poète continuait à plaire à nombre de gens. Il conservait ses vieux amis; sans en excepter, nous le voyons, cet incorrigible bohème, Dick Savage. Il en faisait aussi de nouveaux et non seulement dans le monde des lettres, mais dans la haute société politique et dans l'aristocratie. George, le futur lord Lyttelton, dont nous avons rencontré le nom dans la correspondance de Thomson en 1735 ‘, va se montrer, pendant les dix dernières années de la vie du poète, son ami le plus affectueux et le plus dévoué. C’est à l’année 1738 que Phillimore, le biographe de Lyttelton, fait remonter cette amitié. Toutes les « vies de Thomson », il est vrai, reproduisent la date fournie par Johnson, 1737 *. Ce qui est au moins certain, c’est que l'intérêt du prince de Galles se manifesta sous la forme de substantielles faveurs, peu après que Lyttelton fut devenu secrétaire de Frédéric *. Bientôt même le nouveau secrétaire présenta au prince le poète patriote qui lui avait dédié Liberty, et Frédéric accorda à l'écrivain une pension annuelle de cent livres “. Si modeste que fût la somme, elle venait fort à propos assurer à Thomson des ressources moins incertaines que les gains de sa plume. Johnson et les biographes qui l’ont suivi, rapportent à cette entrevue une repartie spirituelle qui aurait déterminé l’acte de générosité du prince. Interrogé sur sa situation de fortune, l'écrivain aurait répondu que ses affaires étaient « dans un état plus que jamais poétique » ÿ. Le mot était joli, et n’est pas invraisemblable, bien que la conversation de James nous apparaisse d'ordinaire
manuscrits laissés par Birch et qui se trouvent à la bibliothèque du British Museum (Birch MSS, 4318, art. 46.)