Thomson avait écrit (Spring, v. 411 de l’édit. de
« The forest running round, the rising spire », et Pope substitue :
« The forest darkening round, the glittering spire. »
La correction a été adoptée. Elle ajoute très heureusement deux notations d'effets lumineux.
3. La jolie comparaison qui semble si bien faire corps avec tout le reste de l’épisode de Lavinia, dans P « Automne », est de Pope :
« As in the hollow breast of Apennine A myrtle rises.... » :
(Autumn, 209 et suiv.)
Il est parfois plus thomsonien que Thomson lui-même. Voici quelle était, dans le texte de 1738, l’explication du déluge :
« When the disparting Orb of Earth, that arch’d Th’ imprison’d Deep around, impetuous rush’d - With ruin inconceivable, at once Into the gulph, and o’er the highest Hills. » (Spring, 3571, éd. 1738.)
Pope propose de remplacer cela par ces vers, qui ont à un bien autre degré l'énergie riche et sonore des grandes descriptions des « Saisons. » :
. « Deep-cleft disparting orb, that arch’d The rarefy’d Abyss, whose searching steams Expansive sought a vent, impetuous rush’d With universal lapse, into the gulph,
And o’er the high-pil’'d hills of fractur’d earth Wide dashed », elc.,
cependant rien n’est moins douteux que cette collaboration. Le Rév. J. Mitford acheta un jour pour un schelling et demi un volume des Œuvres de Thomson dont les marges contenaient de nombreuses corrections manuscrites. C’était un exemplaire du premier volume de l’édition de 1738, et les annotations étaient toutes de la main de Pope ou de celles de Thomson. Le précieux exemplaire est aujourd’hui à la Bibliothèque du Musée Britannique, et nous y pouvons suivre minutieusement le travail des deux amis !. Nous y voyons les propositions de Pope, quelquefois effacées, puis rétablies par Thomson ; parfois aussi définitivement éliminées *, mais beau-
ou par ceux-ci (car il expose deux versions différentes) :
« Deep-cleft disparting orb, that arch’d - The central waters round, impetuous rushed With universal lapse into the gulph, Wide-dashed », etc.
Parfois même il trouve des vers d’inspiralion vraiment miltonienne. Thomson avait écrit (Winter, v.137, éd. 1738) :
« Through the loud Night, that bids the Waves arise », et Pope remplace ces expressions peu précises et banales par : « Thro’ the black Night that sits immense around. »
14 L'écriture élégante et menue de Pope y est aussi nettement reconnaissable que l'écriture ample et ferme de Thomson. Mr. P. Cunningham avait énoncé quelques doutes sur cette attribution à Pope et croyait reconpaître l'écriture de Lyttelton. MM. Combe et Ellis, de la Bibliothèque du Musée Britannique, ont établi, par une comparaison avec d'autres manuscrils, que les notes sont, sans le moindre doute, de la main de Pope.
Les notes de Thomson sont écrites tantôt à encre et tantôt au crayon, celles de Pope toujours à l'encre. Et l’on est surpris de trouver, adhérant encore au papier, des traces de la poudre métallique dont l'auteur de la « Dunciade » se servait pour sécher son encre pendant ce travail d’obligeante confraternité. |
L'exemplaire qui avait été acheté par Mitford 1 sh. 6 d. (un franc soixantequinze centimes) fut, à sa mort, adjugé au prix de 46 livres (1 150 franes), Il figure au catalogue du British Museum avec cette cote : CO. 28. e.
2. Thomson déclare en différents endroits qu’il préfère, dans un jardin, un peu de désordre naturel à un excès de régularité. Il avait écrit :
« Dewy bright And in yon mingled wilderness of flowers. »
(Spring, v. 486, éd. 1738.)
Pope voudrait que ce jardin ressemblât plus au sien ét remplace par :
« In that wild Or those mingled beds of choicer flowers. »